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Le bruit incessant des machines
Datte: 10/05/2026, Catégories: #sciencefiction, amour, cérébral, odeurs, Auteur: calpurnia, Source: Revebebe
... son corps jusque dans ses derniers retranchements, pour qui n’a pas froid aux yeux ; Judith n’a jamais manqué d’audace, d’autant que son endurance physique lui permettait d’aller là où la plupart des autres femmes s’arrêtaient, par épuisement. Elle redécouvre cette histoire avec autant d’émotions que si elle la vivait une seconde fois. Elle a aimé s’abandonner dans ces moments de soumission et de débauche extrême, mais pour un temps limité seulement. Elle s’est senti pousser des ailes, s’est très vite habituée au luxe, à être servie d’un claquement de doigts. Elle a cru aimer cet homme, n’a pas compris qu’elle n’était pour lui qu’un caprice, car de son côté, David était resté dans sa tête un petit garçon ne supportant pas la frustration du désir inassouvi. Cet amour, si l’on peut appeler ainsi cette relation par trop déséquilibrée, était si corrompu de vices qu’il courait à son inévitable autodestruction. Il pouvait bien la couvrir de monceaux de roses rouges, cela n’y changeait rien. En revoyant cet épisode de sa vie, avec son expérience multiséculaire, elle se rend compte que cela crève les yeux qu’elle fonçait dans une impasse sentimentale, mais à l’époque, la belle étudiante était un peu « fleur bleue » et s’est laissé manipuler assez facilement. Lorsqu’elle montrait de la réticence à le suivre toujours plus loin dans la dépravation violente, il lui promettait, la main sur le cœur, de quitter bientôt sa femme afin de l’épouser, mais cet engagement ressemblait à ce qui ...
... parcourt depuis des millions d’années les vallées stériles de Mars en agitant la poussière des temps révolus : du vent. Elle a fini par le quitter en sautant toute nue par la fenêtre d’un hôtel de grand luxe, d’un saut de l’ange suivi d’un plongeon jusque dans la mer trente mètres en contrebas. Elle a failli se tuer, bien qu’excellente nageuse. Pour une fois, c’est David qui a eu peur. Ils ne se sont jamais revus. Puis est survenue une éphémère expérience lesbienne avec une jeune fille très douce parmi ses patientes d’interne à l’hôpital, pour deux soirs de désir et de joie partagée, avant que Judith s’avise que tout compte fait, elle préfère les hommes. Elle imagine que ces évocations plairont à Arthur pour leur aspect libertin, dans un assemblage choisi de péripéties de sa vie afin de constituer une sorte de film porno au scénario assez décousu. Elle peut même agir sur le cadrage par la seule intervention de son esprit, zoomer sur telle ou telle partie de son corps ou de celui de son partenaire, comme si elle pouvait réellement se déplacer sur la scène de son passé. Elle peut également accélérer ou ralentir l’écoulement du temps selon sa volonté. Son intention est de transmettre ces images à son aimé sans s’encombrer d’un montage. Elle lui en commentera chaque détail et se félicite d’avoir eu cette idée. Peu à peu, elle se sent de plus en plus troublée de pénétrer si profondément en elle-même. Elle sait qu’elle met sa solidité nerveuse à l’épreuve alors qu’elle est ...