1. Le bruit incessant des machines


    Datte: 10/05/2026, Catégories: #sciencefiction, amour, cérébral, odeurs, Auteur: calpurnia, Source: Revebebe

    ... toujours recherché les situations dangereuses. Elle n’est pas vraiment certaine d’avoir vécu cette situation : son cerveau si vieux a bien pu l’inventer à partir d’ingrédients épars. Retour au tribunal imaginaire. Alors que le public l’insulte à cause de son manque de pudeur et d’hygiène, comme les spectateurs d’un cirque romain tournaient leur pouce vers le bas pour réclamer la mort d’un gladiateur impopulaire4, un spasme gastrique l’expulse de sa rêverie – laSubstance est parfois un peu difficile à digérer – le poing appuyé sur son estomac. Elle reprendra son fantasme plus tard, en y ajoutant de nouveaux détails. Elle profite de chaque minute pour s’évader de la réalité, en négligeant chaque jour un peu plus l’entretien duCrépuscule.
    
    Arthur revient dans ses pensées. Elle veut lui en exposer plus, s’ouvrir en deux pour lui, mais comment ? Elle lui avait déjà raconté tous les souvenirs accessibles à son esprit, jusqu’au plus insignifiant, parmi ceux qui lui restent après tous ces siècles passés dans la captivité duCrépuscule, au prix de longues séances d’introspection méditative. Cela ne suffit pas. Les mots sont par trop imprécis, il manque trop de pièces au puzzle de sa vie passée. Inspirée par son rêve érotique, elle se dirige vers le local dans lequel se situe l’appareil destiné à soigner les troubles psychiques. Il s’agit d’un dispositif permettant d’afficher sur l’écran l’image mentale qui se forme dans le cerveau, souvent d’une manière inconsciente, au moyen ...
    ... d’une détection ultra-rapide de chaque connexion neuronale.
    
    Attention, danger ! Lors de ses études médicales, ses instructeurs l’ont mise en garde contre les risques que présente cette machine servant à traiter la schizophrénie, la dépression profonde, les affections neurobiologiques. Cette anecdote est bien connue : une nuit, il a pris la fantaisie à un groupe de trois carabins un peu éméchés, en sortie de soirée, de jouer avec ce dispositif en positionnant sur leur crâne le casque bourré d’électrodes, à tour de rôle. Au début, ils ont trouvé très drôle de visionner leurs fantasmes secrets et de les partager entre eux. Mais après seulement un quart d’heure chacun, ils ont été frappés de folie et on les a retrouvés pendus sur place – cela dit, rien ne prouve que cette histoire n’ait pas été inventée afin d’effrayer les téméraires tentés d’outrepasser les règles de sécurité.
    
    Judith est parfaitement informée de ce qu’elle encourt. Cependant, elle est décidée à passer outre tous ces avertissements, même si Athéna lui répète que ce n’est pas une bonne idée et que son profil psychologique, certes altéré, ne correspond pas à une utilisation appropriée de ce matériel. Des voyants rouges clignotent, que l’astronaute acquitte aussitôt, pour ne plus avoir à les supporter dans son champ de vision. Elle s’allonge sur la couchette, se fixe elle-même avec des sangles, coiffe le casque et se laisse happer par la machine à fouiller dans son cerveau.
    
    Elle vide sa mémoire de tous les ...
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