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Le bruit incessant des machines
Datte: 10/05/2026, Catégories: #sciencefiction, amour, cérébral, odeurs, Auteur: calpurnia, Source: Revebebe
... contrôle d’accès du véhicule. Elle s’est fait arrêter par la police au milieu du tunnel reliant l’Europe au continent américain à la vitesse prohibée de plus de cinq cents kilomètres à l’heure, après une course-poursuite sur plus de mille kilomètres en zigzaguant dans le trafic, devant une meute de sirènes hurlantes. Son sang était gorgé d’un cocktail de produits stimulants interdits qu’elle avait synthétisés au laboratoire, puis qu’elle s’était injectés juste avant sa virée folle. Placée en garde à vue après avoir été extraite d’une manière assez musclée de l’engin qu’elle avait sévèrement endommagé, par miracle sans faire de blessés, elle a obtenu sa libération grâce aux relations de ses parents, ainsi qu’à leur argent, afin d’indemniser le propriétaire du véhicule : celui-ci n’a pas porté plainte. Un casier judiciaire aurait gravement compromis les rêves d’étoiles de la jeune femme. Puis, rassasiée d’émotions fortes, elle est rentrée dans le rang, sage et studieuse, car elle ne souhaitait devenir ni une junkie ni une prostituée. Cette image s’estompe et une autre la remplace. Il ne s’agit plus d’elle, mais de Jennifer, la commandante de bord australienne. Manifestement, celle-ci aimait la sexualité de groupe, plutôt entre étudiants de son université, toujours gourmande de nouvelles expériences. Intéressant. Elle et Judith se connaissaient bien avant d’embarquer à destination des étoiles, mais chacune ignorait tout des frasques charnelles de son amie. Revivre des ...
... souvenirs qui ne lui appartiennent pas n’effraie plus l’astronaute solitaire, qui ressent comme une présence bienveillante, comme si son crime avait été pardonné par la grâce d’une mystérieuse complicité. Cependant, il semble que Jennifer ait un service à demander à la survivante duCrépuscule et que cela ait un rapport avec Paula, une autre de ses coéquipières. Il apparaît que celle-ci a été victime d’un viol dans les couloirs du centre spatial. L’effroi… Elle non plus n’en avait jamais parlé. Cette expérience était pour elle une charge énorme qui expliquait ses périodes soudaines de mutisme. On dirait qu’elle voudrait en partager le fardeau après sa mort, pour s’en libérer. Aucun détail sordide n’est épargné à Judith, qui se sent remplie de bonne volonté, mais elle ne peut supporter plus longtemps ces images glaçantes. Elle interrompt une nouvelle fois la séance d’une manière brutale. Elle attendra plusieurs semaines avant de trouver en elle-même l’énergie d’y revenir, après avoir profondément médité et pensé à Arthur. Il faut bien la force d’un amour comme le leur pour combattre l’atroce ennui de ce voyage. Certes, une clé mémoire pas plus grande qu’un morceau de sucre contient toutes les œuvres littéraires produites par l’humanité au moment du départ. Toutes les musiques, toutes les pièces de théâtre, tous les films également, y compris publicitaires ou pornographiques, dans leur foisonnement et leur diversité. Judith essaie de s’appuyer sur ces images pour se figurer ...