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Le bruit incessant des machines
Datte: 10/05/2026, Catégories: #sciencefiction, amour, cérébral, odeurs, Auteur: calpurnia, Source: Revebebe
... déjà fragilisée. En poursuivant la séance, elle ressent d’intenses et subtiles souffrances, comme un scalpel virtuel qui fouillerait sa chair. Ouvrir ainsi sa boîte crânienne pour lui procure aussi une sorte de fierté obscure. L’orgueil d’une damnée. Et puis, surprise, apparaissent des images qui ne peuvent pas exister dans ses propres souvenirs. Des personnes qu’elle est certaine de n’avoir jamais rencontrées lui apparaissent. En apercevant un visage dans un miroir, elle se rend compte qu’elle est en train d’explorer la mémoire encore vivante d’une de ses cinq coéquipières. Elle comprend qu’elle va progressivement tout découvrir du passé de ses victimes. Prise d’effroi, elle coupe le circuit, déclenche la sortie d’urgence et retire précipitamment le casque pour le jeter au sol et le voir rebondir sur les parois de la salle. Le stockage électronique a tout enregistré de cet étrange périple en territoire intime. Maintenant, elle hésite à transmettre les images à son amoureux. Quelques jours s’écoulent avant qu’elle se décide à le faire. Oui, s’ouvrir en deux pour lui, même si ça fait mal. Sa seule crainte est qu’il tente de l’imiter et ne puisse pas le supporter. En consultant la documentation, elle découvre qu’il ne dispose pas d’un tel appareil qui était une invention récente au moment du lancement duCrépuscule, plus moderne et mieux équipé que l’Aube. Elle inspecte le casque qui n’est pas trop endommagé, juste un peu cabossé : comme elle, en définitive. Demain, après ...
... une petite réparation au fer à souder, elle va peut-être encore jouer à la roulette russe avec son psychisme. Elle en ressent d’avance une poussée d’adrénaline, son principal carburant érotique. Comme lorsqu’elle trichait aux examens. De son côté, Arthur passe le plus clair de son temps à se muscler sous des appareils qu’il a fabriqués lui-même, parce qu’elle lui a dit que les biceps, les deltoïdes et les tablettes de chocolat l’excitaient. Elle n’en est plus si sûre à présent, mais qu’importe : s’il transpire en soulevant de la fonte, c’est par amour pour elle ; il continuera jusqu’à ce qu’elle lui demande d’arrêter, avec un décalage de quelques années. De même, elle s’exhibe pour lui jusque dans les aspects les plus triviaux de sa très routinière vie quotidienne. La tendre connexion entre eux se moque des limites physiques comme la vitesse de la lumière. Ils sont comme des particules intriquées, nées d’un même événement quantique : aucune distance ne peut abolir leur destin commun. Après avoir effectué les réparations nécessaires, elle retourne dans la machine à explorer le cerveau. Elle y retrouve un épisode de sa jeunesse qu’elle avait oublié sur la fin de son adolescence, quand elle s’était mise en rupture avec sa famille afin de vivre des expériences transgressives. Bien qu’elle fût une étudiante brillante, elle a ressenti ce besoin et l’a exprimé en volant une voiture de sport sur le parking d’un restaurant de luxe. Pour cela, elle a piraté l’électronique du ...