1. L’évènement : De charybde en Chti là !


    Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... du popotin, mini-jupe ras-le-bonbon fluo (la jupe, fluo, pas le bonbon !) et seins nus sous un chemisier presque diaphane, pour comprendre que cette insolente provocatrice n’a pas froid aux yeux. Plutôt le feu au pétard ! Sacrée minette ma Lina, ma femme adorée, épousée cinq mois après ma demande pour le moins singulière dans le décor nullissime d’un vieux couloir poussiéreux.
    
    Si je n’oublierai jamais notre rencontre au soir de mon vingt et unième anniversaire, je ne perdrai pas davantage le souvenir de nos élans, de nos tendresses, de notre liberté naturelle dans ce matin-là. Non plus que les aveux et confidences que Lina m’avait glissés à l’oreille, voire assenées, après m’avoir « traîné » jusqu’à notre lit…
    
    …
    
    — Jules, je suis heureuse ! Heureuse d’abord et avant tout de t’avoir retrouvé !
    — Retrouvé ?
    — Ben oui mon pauvre, depuis… l’évènement…, dit-elle émue, murmurant presque ce dernier mot.
    
    Je lui sais gré d’utiliser ma formulation mais je la reprends aussitôt :
    
    — L’accident ! Pas l’évènement : on parlera d’accident désormais !
    
    Lina laisse échapper un immense soupir de soulagement qu’elle parachève par un doux baiser. Elle est soulagée, autant que moi. Elle a compris que notre discussion de ce matin, la nouvelle hypothèse, m’a libéré d’un énorme poids, a balayé mes malaises.
    
    — Oui donc depuis l’accident, énonce-t-elle résolument (elle se dépêche de refermer la séquence émotion !), tu es bien conscient du fait que je vivais avec un fantôme ! Un ...
    ... ectoplasme, dans tous les sens du terme donné par le Capitaine Haddock…
    
    Comme je ne réponds rien, elle poursuit :
    
    — En dehors de ton boulot où,comediante-tragediante hors pair, tu as plus qu’assuré auprès de tes clients, le reste du temps, tu traînais comme une âme en peine. À croire que ces représentations matinales te vidaient de toute substance. Résultat : dîners silencieux, soirées sinistres, style «j’ai-rien-d’intéressant-à-dire » ! Et je ne parle pas des week-ends où tu disparaissais des matinées entières voire plus pour aller marcher ? Sur ce point d’ailleurs,faisez bien attention mon cher : tu marches tous les jours en semaine si tu veux, avant que je rentre du taf mais le week-end, tu oublies ! Ou alors, tu te lèves à l’aurore et tu reviens pour huit heures et demie maxi, avec des croissants chauds. Et pas trop fatigué par ta randonnée pour pouvoir me câliner joyeusement ! Café croissant et suppléments sensuels furieusement débridés. Eh oui, mon gars, t’as du retard à combler. Parce que non, c’est vrai, depuis l’accident, rien ne t’intéressait plus, même pas… moi.
    — Oh, là, tu exagères, je n’ai jamais refusé de…
    — Nnnon… Pas refusé, mais m’a fallu plus d’une fois déployer des trésors d’imagination et une sacrée dose de provocation pour voir s’allumer une certaine lueur dans ton regard. Tu te laissais faire, mais tu n’es pas venu vers moi, tu ne m’as jamais cherchée ! Et je vais être franche, dans nos sages folies, pas un seul grand soir au compteur !
    — ...
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