1. Le Banc d’État (La Vérité Assise)


    Datte: 29/04/2026, Catégories: #exercice, #délire, #société, #nonérotique, #utopie, #confession, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe

    ... bandent par les mots. »
    
    L’Humanité : « Un fessier sur un banc, c’est un pas vers la révolte. »
    
    Et dans tout ça, une question commence à monter, doucement, comme un doigt qui hésite à caresser l’anus d’une nation endormie :
    
    « Et si ce banc… n’était pas magique ? Et si c’était juste nous qu’avions oublié comment parler ? »
    
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    Interlude médiatique – Micro-cravate, cœur dénudé
    
    Il est 18 h 13. Place de la République, Paris. Le vent soulève les papiers gras et les frustrations de fin de journée. Le banc citoyen, version palette en bois et coussin Ikea taché, est là. Une équipe de France Télévisions est sur place. Micro-cravate, projecteurs portables, journaliste rasé de frais, chemise ouverte façon « je suis cool, mais j’ai lu Bourdieu ».
    
    Il regarde le banc et hésite.
    
    On le reconnaît : Julien Charme, chroniqueur. Il fait des éditos sur les émotions en politique. Mais il n’a jamais dit « je t’aime » sans un prompteur.
    
    — Vas-y. C’est pour l’image. Juste t’asseoir. On fera un plan cuté, s’exclame un membre de l’équipe.
    
    Julien s’installe sur le banc. Sourire professionnel. Posture impeccable. Puis il ouvre la bouche, mais ce n’est pas le texte prévu.
    
    — Je me suis toujours senti creux. Pas vide. Juste… creux. Comme un mot trop dit. J’ai passé ma vie à faire semblant de comprendre. À feindre la hauteur. À corriger les fautes des autres pour pas qu’on voit que j’ai pas d’histoire. Et quand je bande, c’est toujours un peu triste. Comme si ...
    ... mon corps essayait d’exister malgré moi.
    
    Sa caméraman baisse les bras. Le preneur de son tremble. Quelqu’un applaudit.
    
    Julien reste figé. Puis il poursuit :
    
    — J’ai rêvé que j’étais un peuple. Pas une personne. Un peuple entier. Et ce peuple hurlait juste : « écoutez-moi… je ne veux plus parler seul. »
    
    Et là, la caméra s’éteint. Mais pas l’onde. Pas l’impact. Ce passage devient viral. Pas parce qu’il est spectaculaire, mais parce qu’il touche quelque chose de commun. Le moment où même les professionnels du silence craquent, et où l’information… se change en confession.
    
    Ils l’ont appelé « Opération Bois Mort ».
    
    Une cellule discrète montée par le Haut-Commissariat à la Sûreté Psychique de la Nation. Nom de code interne : CRAC – « Cellule de Répression des Aveux Collectifs ».
    
    Le rapport initial est clair :
    
    La prolifération incontrôlée de bancs confessionnels provoque une désinhibition civique.
    
    Elle nuit au sentiment de contrôle institutionnel.
    
    Risques majeurs : révolte douce, anarchie émotionnelle, et perte de l’audience de BFM. »
    
    Le plan : neutraliser le banc originel à Matignon. Et empêcher la population de croire que « la parole guérit ».
    
    Ils envoient une brigade. Pas de barbouzes. Non, mieux : des technocrates de nuit. Trois agents de la Direction des Meubles Classés. Moyenne d’âge : 54 ans. Ils arrivent avec des tournevis, des câbles, un seau de silence administratif, mais le banc résiste. Pas physiquement. Mystiquement.
    
    Un agent essaye ...
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