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Le Banc d’État (La Vérité Assise)
Datte: 29/04/2026, Catégories: #exercice, #délire, #société, #nonérotique, #utopie, #confession, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
... : — Je me suis fait doigter dans une fromagerie, à 17 ans. Depuis, j’aime le gruyère pour de très mauvaises raisons. Le ministre du Budget, livide, s’exclame : — Il est dangereux, ce banc. Une drogue de la vérité. Le Président, lui, sourit. Et tape dans ses mains. — Parfait. Ça, c’est de la démocratie avec les tripes. Et ce jour-là, le banc a reçu un nom de code au sein du gouvernement : « Le Confessieur ». Depuis, on s’y assoit avant toute délibération. Et parfois… juste pour sentir ce petit frisson dans la colonne. Ce moment où les fesses serrent la nation. Dehors, dans la rue, le peuple commence à chuchoter :« Et si on installait le même dans les bureaux de vote ? » Au début, personne ne croyait aux fuites. Juste des rumeurs, des bribes attrapées entre deux couloirs feutrés de Matignon, ou balancées anonymement sur X(ex-Twitter, mais avec plus de fessiers et moins de contexte). Puis un fichier audio a surgi. On y entendait une voix tremblante, haut placée, probablement en tailleur Chanel et opinions tranchées, dire : « Je me suis fait sucer par un lobby ». Le fichier a été partagé, remixé, mis en slow-mo, samplé dans un morceau de techno militante, et envoyé à tous les rédacteurs en chef de France. En une nuit, le Banc de la Vérité est devenu plus célèbre que la Tour Eiffel. D’autres aveux ont suivi. Trop précis pour être inventés, trop intimes pour être tolérés. « J’ai déjà bandé pendant une minute de silence. » * « Je simule ...
... l’expertise en géopolitique depuis 2008. » Un journaliste de France Inter, infiltré en tant que prestataire cappuccino, a capté un aveu du ministre de la Culture, confessant son addiction aux comédies musicales allemandes, et son rôle secret d’administrateur d’un forum SM consacré aux relectures érotiques de la dynastie mérovingienne. Le peuple, d’abord choqué, a eu trois réactions très françaises : l’indignation, le rire, et l’abonnement au flux RSS. Une pétition a surgi, signée par 84 000 internautes en moins de 12 heures : Hanouna propose de l’installer sur son plateau. France 5 veut lancer une émission pilote : « Confessions constitutionnelles ». Le Vatican se crispe. Le MEDEF appelle ça « un dispositif populiste et lubrifié », mais à l’Élysée, le Président sourit. Dans le salon doré numéro 3, il regarde le banc et murmure : — On tient quelque chose. Le peuple aime entendre. Même ce qu’il déteste. Il propose un tour de France. Un Banc Mobile. Un camion aménagé, style food truck émotionnel, avec des arrêts dans chaque sous-préfecture : « Une parole, une fesse, une patrie. » Pendant ce temps, les citoyens commencent à expérimenter. Des bancs publics reçoivent des coussins brodés maison. Certains tentent des confessions spontanées dans les abribus. Une vieille dame, à Nanterre, s’est assise dans l’un d’eux et a crié : — J’ai couché avec mon voisin le soir de l’An 2000. Il avait mis du gel coiffant et j’ai trouvé ça sensuel. Le banc parle. Le pays écoute. ...