1. L'âme du cerisier


    Datte: 12/04/2026, Catégories: nonéro, fh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... retourna, cherchant l’origine de ces mots, mais il n’y avait personne. Juste le cerisier, le chien immobile au pied du mur, et elle. Elle ramassa un autre pétale, le froissa doucement entre ses doigts et sourit…
    
    Apprendre à vivre
    
    Les jours avaient défilé, et Maryse ne reconnaissait plus son quotidien. Elle qui s’était autrefois enfermée dans une routine morne et sans relief, se surprenait à attendre avec impatience les moments partagés avec Romain.
    
    Il avait ce don étrange de rendre chaque instant spécial, même les plus anodins. Une balade improvisée devenait une aventure. Une pause pour boire un café se transformait en une leçon sur la beauté du monde. Il lui répétait souvent :
    
    — La vie, Maryse, c’est comme un tableau. Si tu te colles trop, tu ne vois que les défauts. Recule un peu, regarde les couleurs, et tu verras comme c’est beau.
    
    Et elle essayait, parfois timidement, de suivre ses conseils.
    
    Lorsqu’elle l’accompagnait sur des petits boulots, Romain faisait tout pour lui donner confiance. Au début, elle restait en retrait, gênée, à peine capable d’adresser un sourire aux clients. Mais lui, avec sa nonchalance habituelle, désamorçait chaque situation.
    
    — Relax, disait-il. Le monde n’a rien à te reprocher. Tu mérites d’être là, comme tout le monde.
    
    Petit à petit, elle se surprit à se tenir plus droite, à parler un peu plus fort, à échanger quelques mots avec les gens. Romain était là, toujours, pour l’encourager, pour faire une blague si ...
    ... l’atmosphère devenait trop tendue. Il semblait savoir exactement ce dont elle avait besoin, sans jamais forcer les choses.
    
    Elle sentait encore, parfois, l’envie de reculer, de retourner à l’ombre anesthésiante de sa solitude. Mais il y avait aussi cette petite étincelle en elle, que Romain semblait avoir allumée, et qu’elle ne voulait pas laisser s’éteindre.
    
    Avec lui, elle apprenait à vivre. Pas seulement à survivre, mais à apprécier chaque instant, même les plus ordinaires. Ce cheminement, encore fragile, semblait enfin la mener quelque part.
    
    Une nuit différente
    
    Ce soir-là, ils rentrèrent tard. Leur emploi s’était prolongé bien au-delà des horaires habituels, et Maryse, épuisée par l’effort à rallonge qu’elle avait fourni pour faire bonne figure, trébuchait presque de fatigue en marchant dans la nuit.
    
    — Tu es sûre que ça va ? demanda Romain, l’air légèrement inquiet.
    
    Elle hocha la tête, même si ses jambes flageolaient.
    
    — Juste fatiguée, murmura-t-elle.
    — Alors, ce soir, pas de grands discours sur les étoiles ou sur la vie. T’as besoin de dormir, toi.
    
    Elle esquissa un sourire.
    
    — Je crois que c’est toi qui meurs de sommeil, tu n’as pas chômé avec le boulet que je suis…
    — Tu te trompes. Tu te débrouilles très bien… bientôt, tu n’auras plus besoin de moi, soupira-t-il, faussement navré.
    
    Devant la porte de son petit appartement, tandis qu’elle glissait la clé dans la serrure, Maryse se surprit à parler sans réfléchir :
    
    — Tu es crevé… reste dormir ici. Tu ...
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