1. L'âme du cerisier


    Datte: 12/04/2026, Catégories: nonéro, fh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... quelque part en elle, la présence de l’Ombre persistait. Cette sensation illusoire d’être protégée, aimée.
    
    Elle le savait, la nuit prochaine, elle retournerait dans cette cour carrée. Elle revivrait l’agression. Encore et encore. Parce que, malgré la morsure et la souffrance, l’Ombre reviendrait.
    
    C’était la seule chose qui lui permettait de tenir, de survivre.
    
    Le repli sur soi
    
    Le cocktail battait son plein. Le brouhaha des conversations, les éclats de rire et le tintement cristallin des verres résonnaient sous les lustres scintillants de la grande salle de réception. Les invités, parés de leurs plus beaux atours, discutaient en petits groupes ou naviguaient entre les buffets et les petits salons. Le son incessant des voix se mêlait à la musique d’ambiance d’un quatuor à cordes installé sur une petite estrade, dans un coin. Des serveuses et serveurs en uniforme slalomaient entre les convives, portant des plateaux d’amuse-bouches ou de flûtes de Champagne.
    
    Un monde d’apparat et de clinquant où certains cherchaient à tenir la vedette, qui n’était pas le sien. Perdue au milieu de cette effervescence qui l’oppressait, elle cherchait à se faire toute petite, s’efforçant de ne pas se faire remarquer.
    
    Elle avançait lentement, se frayant discrètement un chemin dans la foule compacte, anticipant et esquivant le moindre contact. Chaque pas, chaque geste lui coûtait. Son uniforme noir et blanc, imposé, bien trop ajusté à son goût, moulait sa silhouette, accentuant ses ...
    ... formes qu’elle cherchait toujours à dissimuler sous des vêtements amples et ternes. Ce soir, la tenue était obligatoire, elle ne pouvait s’y soustraire, et cela la terrifiait.
    
    Les escarpins vernis qu’on lui avait demandé de porter lui blessaient les pieds. Malgré la douleur, elle s’efforçait de garder un sourire poli. Elle fuyait les regards, baissant la tête lorsqu’un invité se tournait vers elle, tendant son plateau dans un geste raide et précipité.
    
    À quelques mètres, Romain semblait briller au milieu de tout cela. Avec une aisance désarmante, il se mouvait entre les groupes, tendant des flûtes de champagne à qui en voulait, lançant des blagues qui faisaient pouffer de rire les gens autour de lui. Son sourire était franc, son ton léger, presque insolent. Maryse l’enviait autant qu’elle redoutait son assurance.
    
    Lorsqu’il passa près d’elle, il lui décocha un sourire et, comme toujours, une remarque taquine :
    
    — T’inquiète, t’as l’air pro. Enfin, presque. Bonne nouvelle, personne n’y fait attention !
    
    Elle ne répondit rien. Que pouvait-elle dire, avec son comportement d’écorchée vive ? Le tremblement de ses mains s’accentua, l’obligeant à s’arrêter de peur de commettre une maladresse.
    
    Une femme au collier étincelant se tourna vers elle, un sourire suffisant au coin des lèvres.
    
    — Je pourrais avoir un verre ? demanda-t-elle d’une voix suave.
    
    Maryse balbutia une excuse confuse. Elle n’avait que des bouchées salées sur son plateau. La femme haussa un sourcil ...
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