1. L'âme du cerisier


    Datte: 12/04/2026, Catégories: nonéro, fh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... le même. Bientôt cet instant où il bondirait, où la morsure la clouerait au sol, l’engloutissant dans une douleur sans fin.
    
    Mais cette fois, quelque chose était différent.
    
    Une ombre mouvante était là. Elle ressentait sa présence. Pas l’ombre réconfortante et habituelle, mais une autre. Plus vive. Plus réelle.
    
    Un murmure lui parvint, comme porté par le vent, doux, mais ferme :
    
    — Regarde.
    
    Maryse hésita, le souffle court, puis ouvrit lentement les yeux. Là, au centre de la cour, se dressait un arbre. Son tronc sombre s’élevait droit, et ses branches dénudées semblaient vouloir agripper le ciel. Elle ne l’avait jamais remarqué auparavant.
    
    La voix, toujours présente, glissa de nouveau à son oreille :
    
    — Cache-toi !
    
    L’ordre claqua en elle, impérieux. Une voix, peut-être familière, mais que son esprit obstrué ne parvenait pas à reconnaître. Son corps, bien qu’engourdi par la peur, répondit à cet appel. Titubante, vacillante, elle avança.
    
    Le molosse grognait toujours, ses yeux ardents rivés sur elle, chaque muscle tendu. Pourtant, contre toute attente, il ne bondit pas, comme déconcerté par sa réaction inhabituelle.
    
    Elle atteignit enfin son but et, de toutes ses forces, s’y agrippa. Aussitôt, une chaleur étrange l’envahit, douce et inexplicable. Les branches s’étiraient au-dessus d’elle, tissant un abri fragile, presque éthéré, mais réconfortant. Sous ses doigts, l’écorce rugueuse semblait pulser. Une odeur de bois l’envahit. Le tumulte ...
    ... s’apaisa.
    
    Pour la première fois dans ce cauchemar récurrent, elle sentit que quelque chose venait de changer.
    
    La voix souffla doucement, comme une promesse :
    
    — Tu vois, tu y es arrivée !
    
    Puis l’ombre disparut, ne laissant derrière elle que l’écho d’un espoir naissant.
    
    L’aube du renouveau
    
    Maryse se réveilla en sursaut, la gorge nouée, le souffle court. Son rêve, cette fois encore, semblait s’accrocher à elle comme pour la retenir dans la cour. Elle tenta de dissiper sa tension en se forçant à inspirer et à expirer lentement et profondément.
    
    Un bruit sourd brisa le silence. Des coups à sa porte. Son cœur bondit dans sa poitrine. Qui pouvait bien venir chez elle, à cette heure ? Les coups retentirent à nouveau, plus insistants. Ses mains tremblaient alors qu’elle repoussait sa couette. Elle chercha instinctivement son téléphone sur la table de chevet.
    
    — Qui est là ? demanda-t-elle d’une voix tremblante, presque un murmure.
    
    Puis sans attendre la réponse, elle continua d’un ton qui se voulait plus ferme :
    
    — Partez ! Sinon… sinon j’appelle la police !
    
    Une voix, calme, presque amusée, perça le silence effrayant :
    
    — C’est moi, Romain.
    
    Elle resta figée. Ses pensées se bousculaient, brouillées par une panique persistante. Pourquoi était-il là ? Que lui voulait-il ? Ce n’était pas parce qu’il l’avait raccompagnée chez elle, qu’il pouvait débarquer ainsi, à sa guise.
    
    — Maryse, ouvre. Je veux juste te montrer quelque chose. Quelque chose qui me tient à cœur, ...
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