1. L'âme du cerisier


    Datte: 12/04/2026, Catégories: nonéro, fh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... promis, ajouta-t-il après une pause.
    
    Elle hésita. Sa respiration était encore saccadée, et une part d’elle voulait simplement ne pas répondre, espérant qu’il finirait par se lasser et par la laisser tranquille. Mais cette voix… Ce ton léger et désarmant.
    
    Elle se leva lentement, chaque pas vers la porte lui coûtait un effort. Une main crispée sur la poignée, elle resta immobile. Puis, après un moment qui lui sembla une éternité, elle déverrouilla la serrure et entrouvrit la porte.
    
    Romain se tenait là, vêtu d’un blouson de cuir, un casque de moto sous le bras. Une lueur espiègle dans les yeux adoucissait son expression.
    
    — T’as l’air de sortir d’un mauvais film d’horreur, lâcha-t-il avec un sourire.
    
    Elle sentit ses joues chauffer, tiraillée entre l’embarras et l’irritation.
    
    — Qu’est-ce que vous faites ici ? Il est… il fait encore nuit, murmura-t-elle, sa voix toujours vacillante.
    — Je sais, répondit-il en haussant les épaules. Mais il paraît que t’as jamais vu le soleil se lever. Je me suis dit que ça valait le coup de t’en montrer un.
    
    Elle le dévisagea, incrédule.
    
    — C’est pas une heure pour débarquer chez les gens, lâcha-t-elle avec une pointe d’agacement, bien qu’elle fût surtout décontenancée.
    — C’est vrai. Mais regarde, je suis là maintenant, et ma moto aussi. Alors autant qu’on en profite, non ? répondit-il avec un sourire léger, presque désarmant.
    
    Maryse croisa les bras, oscillant entre le refus et la curiosité. Tout en elle criait qu’elle ...
    ... devait refermer la porte et oublier ce moment. Mais une petite voix, presque imperceptible, murmurait autre chose.
    
    — J’ai… j’ai pas l’habitude de sortir, bredouilla-t-elle comme pour se justifier.
    — Eh bien, on va changer ça, répondit-il, plantant ses yeux dans les siens avec un culot plein d’entrain.
    
    Elle mordilla nerveusement sa lèvre, les doigts jouant avec le tissu de son vêtement de nuit.
    
    — Et si je veux pas ?
    
    Romain haussa légèrement les sourcils, l’air presque surpris, puis répondit doucement :
    
    — Alors je repars, pas de problème. Mais t’as l’air d’avoir besoin d’un truc différent. Un truc beau.
    
    Il tendit la main. Pas un geste pressant ni insistant. Juste une invitation silencieuse.
    
    Elle le regarda, puis elle regarda cette main tendue. Tout en elle résistait encore, l’exhortait à dire non. Et puis, brusquement, elle se rendit compte que la présence de Romain, bien droit, à sa porte, comme l’arbre au centre de la cour carrée, repoussait l’obscurité ambiante. Et, une chaleur inattendue lui donna envie de baisser la garde.
    
    Elle capitula en soupirant.
    
    — Donnez-moi cinq minutes, murmura-t-elle avant de refermer doucement la porte.
    
    Quelques minutes plus tard, elle était assise derrière Romain sur sa moto, le vent froid piquant ses joues. Ses mains tremblaient légèrement en s’agrippant, autant par nervosité que par manque d’habitude.
    
    Ils roulèrent jusqu’à une colline à l’écart de la ville. Le silence de la nuit laissait progressivement place à une ...
«12...567...15»