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L'âme du cerisier
Datte: 12/04/2026, Catégories: nonéro, fh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... leva à peine les yeux, malgré tout intriguée. — Chacun raconte une histoire. Comme ce cerisier, là. Tu le vois ? Il tourna son bras pour dévoiler un arbre délicat, ses branches recouvertes de fleurs blanches. — C’est pour un printemps particulier. L’année où j’ai compris que, même après l’hiver le plus rude, les arbres refleurissent. Ce cerisier, c’est ma renaissance. Chaque fois que je le vois, je me rappelle qu’il y a toujours un autre printemps qui attend. Maryse scruta les fleurs minuscules qui semblaient danser sur sa peau. L’idée d’une renaissance lui paraissait si lointaine, si inaccessible, mais elle ne pouvait nier la force de cette image. — Et là, celui-là, continua Romain, en désignant une lumière diffuse tatouée sur son avant-bras, c’est l’aube. Le souvenir d’une nuit où j’ai pris conscience que je n’avais jamais vraiment vu le soleil se lever. Je veux dire, pas vu pour de vrai, tu comprends ? Pas avec des yeux ouverts sur ce que ça représente. Maryse releva légèrement la tête, croisant furtivement son regard. — L’aube, c’est un nouveau départ. Une lumière douce qui te dit que la nuit est finie et que tout redevient possible… Il se redressa, ébouriffant d’une main ses cheveux peignés. — Peut-être qu’un jour, j’aurai un tatouage pour toi. Pour ce soir, toi cachée dans le noir contre ce mur, ajouta-t-il, en plaisantant, pour détendre l’atmosphère. Maryse ne répondit rien, mais elle releva enfin la tête. Ses yeux, encore rouges et ...
... gonflés, s’accrochèrent aux siens. Il avait un truc différent. Un truc beau. Pas le genre de mecs qu’elle connaissait trop, capables de tout lorsqu’ils jetaient leur dévolu sur une femme. Cet inconnu d’un soir n’était pas comme eux, il ne la voyait pas comme une proie ni comme un trophée à accrocher à son tableau de chasse. Mais, elle ne comprenait pas pourquoi il insistait, pourquoi cherchait-il à ramener à la surface quelqu’un qui ne le pouvait pas ? Pourtant, il était là, avec ses histoires gravées en lui, à lui tendre la main, attendant patiemment qu’elle l’attrape. Et pour la première fois, elle sentit une envie, légère, mais réelle : celle d’essayer, juste un peu, de comprendre ce qu’il voyait en elle. — Bon… Impossible de te laisser comme ça. Je te raccompagne… Elle faillit refuser, par automatisme, mais la fatigue qui l’écrasait lui fit changer d’avis. Elle acquiesça d’un simple signe de tête, résignée… Un rêve inspirant Les murs gris de la cour carrée se dressaient à nouveau, oppressants, recouverts d’une humidité froide qui semblait ruisseler comme des larmes amères. Elle était là, figée dans cet espace clos, les yeux fermés, incapable de bouger. Devant elle se tenait le molosse. Elle n’avait pas besoin de le voir pour le ressentir en elle : il grondait, son pelage noir luisant sous la lumière glacée de la pleine lune. Ses crocs scintillaient, et ses yeux rouges, intenses, la fixaient avec une avidité carnassière. Elle connaissait ce cauchemar. Toujours ...