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Le miroir du passage
Datte: 23/03/2026, Catégories: En solitaire, Auteur: Goddess, Source: Hds
... besoin de se regarder pour exister. Car elle sait, maintenant, que ce qu’elle montre… vit aussi dans les yeux qui la voient. Et dans le silence, brûlant et pur, elle devient entière. Le miroir du passage – Partie 6 : L’éveil Le matin s'est levé sans prévenir. Élise ne dormait pas. Allongée sur le dos, nue sous les draps, elle observait la lumière grise filtrer à travers les volets. La femme était partie avant l’aube, sans un mot. Elle avait laissé un souffle contre sa joue, un dernier regard, puis le vide. Et pourtant, il ne manquait rien. Pas de regrets. Pas de manque. Seulement un silence plein. Au bureau, Élise croise les mêmes regards distraits. On lui demande deux fois si elle veut du café. On lui tient la porte sans la regarder. Mais en elle, quelque chose s’est déplacé. Ce n’est pas visible. Pas encore. Mais elle le sent. Elle regarde les autres avec une distance tranquille. Elle n’envie plus leur aisance sociale, leur voix claire. Elle ne veut plus se fondre. Elle n’attend plus qu’on la voie. Elle s’est vue. Le midi, dans les toilettes du bâtiment, elle se regarde dans le miroir froid, éclairé par des néons crayeux. Son reflet est sage : tailleur noir, chignon strict, regard baissé. Mais elle sourit. Un vrai sourire. Car sous ses vêtements, elle est nue. Pas dans le sens physique. Dans le sens essentiel. Rien à cacher. Rien à prouver. Elle rentre plus tôt ce soir-là. Elle n’ouvre pas l’armoire. Elle n’a ...
... besoin de rien d’extravagant. Elle boit du thé. Elle allume une bougie. Et elle écrit. Pas un journal. Un texte. Un souffle. Un aveu. Elle ne sait pas encore à qui elle s’adresse. Mais les mots coulent. Comme s’ils attendaient depuis des années. Et dans l’ombre douce de son studio, elle comprend : ce n’était jamais un jeu. C’était un appel. Et quelqu’un a répondu. Le miroir du passage – Partie 7 : Ce qu’il reste de la nuit Quelques semaines ont passé. Le passage est toujours là. Mais elle n’y est pas retournée. Elle y pense. Souvent. Pas avec nostalgie. Avec une forme d’interrogation calme. Est-ce que le lieu a changé, lui aussi ? Ou Est-ce elle, qui ne le regarde plus de la même façon ? Puis une nuit, sans préméditation, elle y retourne. Elle n’a rien préparé. Ni tenue spéciale. Ni mise en scène. Elle porte un jean et un pull trop large, une veste simple. Pas de maquillage. Pas d’artifice. Le vent souffle fort. Le passage est vide. Le miroir est toujours là. Plus sale que jamais. Une nouvelle fêlure traverse la surface, comme une cicatrice. Elle s’en approche. Son reflet est flou, brisé, éparpillé. Mais elle s’y reconnaît. Elle reste là. Longtemps. Sans jouer. Sans poser. Puis elle entend un bruit. Des pas. Un souffle. Quelqu’un. Peut-être deux. Son cœur s’accélère — pas de peur. De mémoire. Une silhouette approche. Mais cette fois, elle la regarde dans les yeux. Pas de théâtre. Pas de rôle. Elle est ...