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Le miroir du passage
Datte: 23/03/2026, Catégories: En solitaire, Auteur: Goddess, Source: Hds
... simplement là. La silhouette s’arrête. Un homme, peut-être. Ou une femme. Elle ne sait pas. Il ou elle ne dit rien. Ne bouge pas. Alors Élise parle. — Ce n’est plus pour vous que je viens ici. Un silence. Puis elle tourne les talons, sans hâte. Elle ne se déshabille pas. Elle n’a rien à montrer. Tout a déjà été vu. Et au moment où elle quitte le passage, elle comprend ce qui a changé. Ce n’est plus le regard des autres qui l’éveille. C’est le sien, posé sur elle-même. Intransigeant, doux, inaltérable. Elle ne cherche plus à être vue. Elle se regarde. Et c’est assez. Le miroir du passage – Partie 8 : L’autel Élise n’est plus retournée sous le métro. Elle n’en a plus besoin. Le passage est en elle maintenant. Mais il lui manque une chose. L’instant suspendu. La tension. Le frisson du silence habité, de la lumière qui frôle la peau, de la retenue qui hurle sans bruit. Alors elle invente un autre lieu. Dans son appartement, elle a vidé la pièce vide au fond du couloir. Ancien débarras, murs bruts, parquet râpé. Elle l’a transformée. Une lumière basse. Un grand rideau noir, épais, qui couvre tout un mur. Un matelas bas, recouvert d’un drap de lin sombre. Et, face au rideau… un fauteuil. Isolé. Unique. Elle n’y amène pas n’importe qui. Pas un amant. Pas une conquête. Un spectateur. Quelqu’un qu’elle a choisi. Trié. Intuitivement. Par le silence dans ses yeux. Par la façon qu’il ou elle a ...
... de ne pas exiger. Le premier soir, elle lui demande de s’asseoir. Elle ne parle pas. Elle ferme la porte. Et elle joue. Pas pour séduire. Pas pour plaire. Pour elle. Pour sa peau. Pour son souffle. Elle se déshabille lentement. Pas tout à fait. Juste assez. Elle danse parfois, ou reste immobile, jambes légèrement ouvertes, respirant plus fort. Elle frôle ses cuisses, s’effleure les seins, passe les doigts sur son ventre. Tout est précis. Contrôlé. Orchestré. Elle est son propre rituel. Elle ne se masturbe pas. Pas encore. Le regard suffit. Elle sent la chaleur monter dans son ventre, ses tempes, ses poignets. Elle est nue, à demi assise sur le sol, le dos cambré, les cuisses ouvertes, et ce souffle qu’elle entend face à elle — ce souffle qui retient sa propre envie — c’est ça qui la traverse. Elle vient presque, sans être touchée. Par l’intensité du regard. Par le fait d’oser. Quand elle sent que le corps en face d’elle est prêt à imploser, elle s’arrête. Elle se lève. Ramasse ses vêtements. Et dit, sans sourire : — Tu peux partir maintenant. Personne ne la touche. Jamais. Pas sans son mot. Pas dans cette pièce. Car ici, elle est déesse. Offrande et loi. Pulsion et règle. Les nuits suivantes, d'autres viennent. Jamais plus d’un. Des hommes. Des femmes. Parfois jeunes, parfois plus âgés. Certains ne reviennent pas. D’autres oui. Elle n’explique rien. Elle vit. Et dans cette pièce sans ...