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La légende de Montclair - Partie 2
Datte: 11/02/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: CDuvert, Source: Hds
... se figent. Retiennent leur souffle. Il se retourne sans ouvrir les yeux. Elles reprennent leur progression. Le cœur battant. Les muscles tendus. La lisière du camp approche. Les arbres se dressent comme une muraille sombre. Une promesse de salut. Elles accélèrent légèrement. Évitent les brindilles qui pourraient craquer sous leurs pas. La forêt les avale enfin. Elles s'enfoncent dans les fourrés sans un regard en arrière. Des ronces griffent leurs jambes nues. La douleur est négligeable. Elles courent à perdre haleine. Les branches basses fouettent leurs visages. L'obscurité les protège mais les ralentit. Peu importe. Chaque pas les éloigne de leurs bourreaux. Elles s'arrêtent enfin près d'un ruisseau. Hors d'haleine. Leurs poitrines se soulèvent rapidement. Elles écoutent. Aucun bruit de poursuite. Pas de cris d'alarme. Le camp doit encore dormir. Elles se laissent tomber sur la mousse humide. Épuisées mais vivantes. « Nous avons réussi », souffle Isabelle. Un sourire tremblant éclaire son visage. Alysande hoche la tête. « Pour l'instant. Mais ils nous chercheront dès l'aube. Il faut continuer. » Elles boivent quelques gorgées d'eau fraîche au ruisseau. Laissent le liquide apaiser leurs gorges sèches. Puis elles se relèvent. La nuit s'efface peu à peu. Une lueur grise pointe à l'horizon. Elles reprennent leur fuite. Vers un refuge inconnu. Vers une liberté encore fragile. # Chapitre 9 - Le Refuge des Ronces Alysande et Isabelle s'enfoncent plus ...
... avant dans la forêt. Les premières lueurs de l'aube teintent le ciel d'un gris pâle. Leurs pieds nus trébuchent sur les racines. Leurs corps frissonnent dans l'air frais du matin. Elles savent que chaque instant compte. Les hommes de Roderick ne tarderont pas à découvrir leur fuite. Entre elles, un lien indéfectible s'est forgé. C'est maintenant à la vie, à la mort. Les épreuves traversées ensemble les ont unies bien au-delà de ce qu'une longue amitié aurait pu accomplir. Chaque regard échangé porte la promesse de ne jamais abandonner l'autre. Chaque pas est un serment de protection mutuelle. Elles repèrent enfin un creux dissimulé au milieu d'un enchevêtrement de ronces. Une petite cavité naturelle, à peine visible sous les épines et les feuillages. Parfait pour se cacher. « Ici », murmure Alysande. Elles se glissent dans l'abri étroit. Les ronces griffent leurs peaux nues mais elles s'en moquent. Le sol est humide, tapissé d'une épaisse couche de mousse douce et fraîche. Chaque écorce, chaque brin d'herbe semble imprégné de la fraîcheur nocturne. Elles s'assoient lentement côte à côte, sentant le contact immédiat de la terre froide à travers leurs chairs nues. Leurs corps, fragiles mais vivants, cherchent instinctivement la chaleur l'un de l'autre. La peau pâle d'Isabelle, encore glacée par les rigueurs de la nuit et de leurs errances, s'appuie contre celle d'Alysande qui, malgré le froid, dégage une chaleur rassurante et enveloppante. Un frisson parcourt leurs ...