1. Le père Noël existe


    Datte: 07/02/2026, Catégories: #drame, #nostalgie, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... peuvent-ils bien être ?
    — Ils ne peuvent pas rester seuls tout de même. À leur âge…
    — Ouh, ouh ! Les enfants !
    
    Ça nous faisait rire. Je regardais François un doigt sur la bouche :
    
    — Chut !
    
    Un gendarme s’est adressé aux deux dames avec sa grosse voix :
    
    — Il n’y a personne, nous reviendrons demain.
    
    Ouf ! Une fois partis, nous sommes descendus de notre arbre. J’ai eu peur qu’ils nous voient quand ils étaient dans le jardin, François m’a rassuré :
    
    — T’en fais pas, quand ils cherchent quelque chose, les grands ne regardent jamais en l’air.
    
    Les gendarmes et les dames sont revenus plusieurs fois. Nous les guettions à la fenêtre, et partions nous cacher dans notre arbre dès qu’ils arrivaient.
    
    Un gendarme a dit aux dames :
    
    — Les enfants ont dû partir avec leur mère. Elle aurait pu prévenir.
    — Plus besoin de revenir, a rajouté l’autre gendarme. Vous nous avez dérangés pour rien.
    
    — --oOo---
    
    Quelques jours plus tard, encore dans mon lit, j’ai entendu des bruits de pas sur le gravier, je me suis levée d’un bond, « Maman ? ».
    
    Par la fenêtre, j’ai distingué une ombre qui s’enfonçait dans le bois, ce n’était pas maman, elle n’avait pas sa belle robe. Je suis descendue rapidement, et j’ai découvert devant la porte un cabas plein de bonnes choses, il y avait même deux pommes et une tablette de chocolat. Sûrement une bonne fée envoyée par le père Noël.
    
    La voix de François me tira de ma rêverie :
    
    — C’est quoi ça ? s’exclama-t-il à moitié ...
    ... endormi.
    
    — --oOo---
    
    Petit à petit, j’ai appris à faire la cuisine, essayant de me souvenir de ce que faisait maman. François mange tout sans se plaindre, pourtant, moi, je n’ai jamais aimé les pâtes qui collent.
    
    Nous ne sortons plus de la maison de peur que les gendarmes ne nous mettent en prison.
    
    Toutes les semaines, je trouve le cabas devant la porte, mais je n’ai jamais pu voir la bonne fée qui venait le porter.
    
    Chacun son tour, nous faisons le guet pour voir si les dames de l’assistance ou si les gendarmes reviennent nous chercher. Ils devaient croire que nous étions partis, on ne les a plus revus.
    
    François aurait bien voulu jouer au ballon dans le jardin, mais il ne fallait pas se faire voir. Alors, on reste dans la maison. Assis sur notre lit l’un contre l’autre, François me lit ses illustrés, il se prend toujours pour Prince Vaillant ou Bibi Fricotin, moi, je préfère les Pieds Nickelés, ils sont drôles, surtout celui qui a un long nez. Maman m’avait promis la semaine de Suzette et le Journal de Lili dès que je saurais lire. Maintenant que je vais à l’école, elle est peut-être allée les acheter.
    
    Je me suis aperçu que les doigts de pied de François passaient au travers de ses chaussettes, des gros trous. J’ai pris le nécessaire à couture de maman. Elle m’avait montré comment les repriser, j’ai mis l’œuf dans la chaussette et j’ai passé le fil dans l’aiguille. Pas facile. Je me suis piqué plusieurs fois les doigts, mais le résultat me plaît bien : un gros paquet ...
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