1. Le père Noël existe


    Datte: 07/02/2026, Catégories: #drame, #nostalgie, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... Il a des moustaches en chocolat, je dois aussi en avoir, ça nous fait rire.
    
    Soudain, la porte s’ouvre, papa à l’air perdu, en nous regardant fixement, il se met à crier :
    
    — Où est-elle ?
    
    Devant mon air effrayé, il hurle plus fort :
    
    — Où est ta mère ?
    
    Je ne sais pas quoi dire, je tremble comme chaque fois qu’il crie :
    
    — Maman est en course, je l’ai vue partir ce matin.
    
    Il a compris, ce que moi, je ne comprends pas encore.
    
    C’est François qui prend, sans raison, une gifle, puis deux, pourquoi ? Il n’a rien fait. Il tombe par terre et se cogne à la table, quelques gouttes de sang inondent son front. En colère, papa sort de la cuisine en claquant la porte, sans le regarder.
    
    François pleure… Qu’il est douillet ! J’ai vu faire maman chaque fois que j’ai les genoux égratignés. Vite, je vais dans l’armoire à pharmacie. La bouteille avec la grande étiquette, un bout de coton, je nettoie le sang qui ne coule déjà plus. Faut lui faire un pansement, un gros morceau de gaze et deux bouts de sparadrap… Voilà, j’ai réussi. François me fait rire avec ce grand truc sur la figure, il se regarde dans la glace, et, vexé, s’en va en haussant les épaules.
    
    Restée seule, j’ai envie de pleurer, sans savoir pourquoi, mais je suis grande maintenant, je ne pleurerai pas.
    
    — --oOo---
    
    Nous avons attendu maman toute la journée, elle n’est pas encore revenue de courses. Un jour, deux jours ; la semaine passe. Papa ne dit plus rien. À la fin des vacances, je ne vais pas à ...
    ... l’école, François non plus.
    
    Le garde-manger et le placard aux provisions sont vides. Maman avait planté des légumes dans le jardin, mais tout a gelé. Je l’ai souvent accompagnée à l’épicerie du village, je sais où elle est. Peur d’y aller toute seule, je demande à François de venir avec moi, il m’aidera à porter les paquets.
    
    La dame à la caisse nous accueille avec un grand sourire :
    
    — Bonjour les enfants… Tu as bien grandi, Louison, me dit-elle, comme chaque fois que je viens avec maman.
    — Bonjour madame.
    — Maman vous a fait une liste ? Servez-vous, les enfants. N’hésitez pas à me demander.
    
    Sans lui répondre, je fais le tour de la boutique, suivie de François, le cabas de maman à la main. Je prends tout ce qui me semble utile pour faire la cuisine, des pommes de terre, des carottes, des œufs, du beurre, du lait, un gros pain, des paquets de pâtes et des boîtes de conserve. Sans oublier le chocolat en poudre, celui dans la boîte orange avec un cheval dessus, je choisis la grosse boîte. Comme si je ne le voyais pas, François glisse deux pommes dans le cabas, quel gourmand !
    
    En arrivant devant la dame, je dois lui dire en baissant la tête :
    
    — Pardon, madame, on n’a pas de sous.
    — Ce n’est pas grave, petite, je mets tout sur le compte de ta mère, elle nous paiera plus tard… Donne-lui mon bonjour… J’espère qu’elle n’est pas malade ?
    
    Nous sommes repartis sans rien dire.
    
    La dame était gentille, j’y suis retournée chaque fois qu’il ne restait plus rien dans ...
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