1. Les loups sont entrés dans Paris


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... réveil, la lumière du jour s’infiltrait doucement à travers les rideaux. Samuel était déjà debout, occupé en cuisine, sa présence réconfortante emplissant l’appartement.
    
    D’ordinaire, les matins l’arrachaient à l’inconscience dans une brusquerie crue, le cœur au bord des lèvres, l’envie de disparaître chevillée au corps. Mais pas cette fois.
    
    Elvire s’étira lentement, comme si ses muscles avaient trouvé leur souplesse, leur fluidité. Un étrange sentiment s’imposa. Celui que l’on éprouve à la perspective d’une journée plus clémente.
    
    La faim n’avait pas complètement disparu, mais elle semblait moins oppressante. Contrôlable, presque.
    
    Le loup blanc était toujours là, l’enveloppant de son attention douce, protectrice.
    
    Ce matin-là, elle ne ressentait pas le besoin de fuir.
    
    — Bien dormi ? demanda Samuel avec un sourire hésitant en lui tendant une tasse de café.
    — Aussi bien que possible, répondit-elle d’une voix encore éraillée. Merci… Pour tout ça.
    
    Il hocha la tête, sans insister. Elle appréciait qu’il n’exige rien, qu’il n’essaie pas de savoir ce qui la dévorait. Sa présence était une ancre à laquelle elle pouvait se raccrocher sans avoir à s’expliquer.
    
    Le loup noir n’avait pas disparu. Elvire sentait sa présence, lointaine mais persistante. Il s’était replié quelque part, affaibli par les événements de la nuit, par l’attention paisible de Samuel, par la présence du loup blanc qui partageait maintenant son territoire…
    
    Les jours passèrent et avec eux, ...
    ... Elvire découvrait une nouvelle vie. Son loup noir semblait perdre en appétit, en férocité.
    
    Elle passait de plus en plus de temps en compagnie de Samuel. Leurs conversations étaient éparses, souvent entrecoupées de silences qui n’étaient pas pesants. Des silences qui soignaient. Des silences qui lui apprenaient à remplir doucement le vide en elle, sans avoir à recourir à la violence du passé.
    
    Le loup blanc gagnait en taille, en force au fil des jours. Il ne la quittait presque jamais, sa présence apaisant ses nuits tourmentées. Et lorsque le loup noir refaisait surface, les yeux vairons brillaient de plus belle dans l’obscurité, lui donnant la volonté de ne pas succomber.
    
    La faim en elle persistait, mais elle n’était plus aussi dévorante. Quelque chose avait changé, s’était atténué. Le loup noir s’agitait encore, montant parfois à l’assaut, cherchant à la précipiter dans l’oubli et la violence. Mais elle parvenait désormais à l’ignorer, plus souvent qu’avant.
    
    Samuel l’acceptait telle qu’elle était, avec ses silences, ses absences, ses brusques reculs. Il ne cherchait pas à comprendre, il était simplement là, offrant une présence tranquille qui n’exigeait rien en retour.
    
    Et le loup blanc gagnait en puissance.
    
    L’Étreinte apaisée
    
    La nuit était tombée depuis longtemps quand Elvire quitta son appartement. Elle marchait sans vraiment réfléchir, laissant ses pas la guider. La faim était là, présente, mais supportable.
    
    Cette fois, le loup noir n’était pas seul à ...