1. Les loups sont entrés dans Paris


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... leurs peaux tendues. Leurs ongles se lacéraient la nuque. Leurs baisers étaient morsures, leurs cris des râles d’agonie. Leurs loups noirs déchaînés s’étaient reconnus. Chacun cherchant à trouver dans l’autre, à travers leur acharnement charnel, la satiété. Illusoire, impossible…
    
    Quand ils sortirent, leurs respirations étaient encore hachées, leurs regards troubles, leurs visages défaits. Les loups noirs en eux hurlaient toujours. Leur faim sans fin ne s’était pas éteinte. Juste attisée. Encore plus féroce.
    
    Lorsqu’ils arrivèrent à l’appartement impersonnel de l’inconnu, pour y finir la nuit, l’urgence ne s’était pas apaisée, bien au contraire. À peine le seuil franchi, ils se déshabillèrent l’un l’autre, s’arrachant leurs vêtements avec une frénésie intacte, toujours aussi rageuse. Elvire s’abandonna à cette brutalité désirée, cherchant à s’étourdir, à échapper à ce qui la rongeait, à oublier.
    
    Mais les jouissances, aussi intenses fussent-elles, ne faisaient que suspendre leur insatisfaction, brièvement. Un baume fugace, offrant un court répit avant de tout recommencer, plus frustrés que jamais. Leurs loups noirs étaient devenus insatiables. Leurs ébats, éternels. En quête perpétuelle de ripaille.
    
    L’aube réveilla Elvire. Elle ouvrit les paupières, l’esprit embrumé, le regard flottant. Les tiraillements de son corps lui rappelaient ses excès. L’homme dormait paisiblement à côté d’elle, repu, indifférent. Comme si elle avait déjà disparu. Comme si elle n’avait ...
    ... jamais existé.
    
    Elle se leva en silence, rassembla ses affaires et sortit, fuyant ce lieu comme on déguerpit d’un mauvais rêve, comme on abandonne une illusion qui se désagrège et tombe en poussière, avant que la réalité crue ne vous heurte de plein fouet.
    
    Pour elle, rien n’avait changé. Son loup noir était toujours là. Il continuait de hurler dans son ventre.
    
    L’errance entre deux nuits fauves
    
    Le temps s’étirait lentement, sous un ciel gris, poisseux. Elvire marchait au hasard des boulevards, ses talons frappant le macadam selon une cadence mécanique. La faim brûlait toujours en elle, celle qui jamais ne s’éteignait vraiment. Son corps portait encore les marques de la nuit passée, des souvenirs inutiles, presque pénibles, gravés dans sa chair.
    
    Elle errait, cherchant à ignorer l’appel du loup noir qui réclamait plus. Mais rien n’y faisait. La lumière froide du jour n’apportait aucun substitut. Juste ce manque permanent qui soulignait la stérilité de ses quêtes nocturnes.
    
    Ses pas la menèrent jusqu’à une immense place. Au centre, trônait le lion de Denfer, massif, puissant, un fauve caparaçonné dans son bronze vert, la tête majestueusement tournée dans la direction de la statue de la Liberté. Sa silhouette imposante semblait dompter l’agitation environnante.
    
    Elvire le fixa un instant, fascinée par cette force contenue. Un fauve à l’arrêt, en maîtrise totale, une sérénité royale. Tout ce qu’elle n’était pas. Tout ce qu’elle aurait souhaité devenir.
    
    Mais elle ...
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