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Les loups sont entrés dans Paris
Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... lentement, la tête baissée, le dos courbé, telle une louve défaite par un loup plus puissant, plus vorace. À force de frôler les limites, n’était-il pas inévitable de croiser quelqu’un qui n’en avait aucune ? Ses vêtements déchirés et son corps meurtri témoignaient de l’affrontement brutal qu’elle venait de vivre. Mais c’était surtout sa fierté qui était blessée. Elle était aussi penaude que son loup noir, qui léchait ses plaies, caché dans un recoin, étrangement silencieux, comme s’il reconnaissait la supériorité de la force qui l’avait vaincu… Le loup blanc marchait devant, nonchalant et sûr de sa direction, sans jamais se retourner, convaincu qu’elle le suivait. Ce que faisait Elvire… l’esprit vide, accrochée à cette silhouette immaculée, presque éthérée, qui fendait la nuit. Lorsque la porte de l’appartement s’ouvrit, le visage surpris de Samuel se teinta aussitôt d’inquiétude. Sans poser de questions, il l’accueillit avec sa gentillesse coutumière, l’attirant doucement à l’intérieur. La douceur du lieu l’enveloppait, portée par l’odeur apaisante du thé qu’il avait rapidement préparé. Samuel s’activait, son calme inébranlable remplissant l’espace. Il lui tendit une serviette propre, murmura qu’elle pouvait prendre une douche. Et lorsqu’elle en ressortit, lavée de la crasse de la nuit, il l’attendait avec un mug de soupe fumante. Le loup blanc était là aussi, assis près du canapé, examinant Samuel avec bienveillance, comme s’il l’avait ...
... accepté. Elvire s’assit lourdement, ses mains accrochées à la tasse brûlante qui lui donnait une contenance. Elle but une gorgée. Le liquide coula en elle, lui réchauffant la gorge, l’estomac, le cœur. Le temps défilait en silence, un cocon protecteur où elle pouvait enfin respirer, sans craindre d’étouffer, sans fuir. Samuel restait près d’elle, attentif mais sans chercher à en savoir plus. Le loup blanc, calmement allongé sur le sol, veillait, la tête et les oreilles dressées. Pour la première fois, Elvire sentait que quelque chose de nouveau était en train de poindre en elle. Une sorte d’apaisement, certes fragile mais présent, grandissant dans la quiétude ambiante. Le loup noir était toujours là, tapi quelque part dans les ombres de son esprit. Ses grognements n’avaient plus la même force, comme étouffés par une lassitude qu’elle ne lui connaissait pas. Ses griffes cherchaient encore à la pousser vers l’oubli, à raviver l’urgence de sa faim. Mais sa voix s’était amoindrie, un râle plaintif plutôt qu’un ordre autoritaire. Elvire finit par s’endormir sur le canapé, enveloppée dans une couverture imprégnée de l’odeur familière de Samuel. Le loup blanc restait à ses côtés, plus adulte et plus vigoureux que jamais, comme s’il se fortifiait. Son sommeil fut agité, mais moins qu’avant. Chaque fois que le loup noir tentait de surgir, le loup blanc se dressait sur son chemin, l’empêchant d’avancer. Une nuit comme elle n’en avait pas connu depuis bien longtemps… À son ...