1. Les loups sont entrés dans Paris


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    L’antre des loups noirs
    
    Le bar suintait l’alcool bon marché. L’atmosphère confinée était saturée de l’odeur âcre des corps avides. Les néons rouges éclaboussaient les murs d’une lumière trouble, sanguine, où tout semblait devenir possible. Même l’interdit. Un lieu où l’on venait se perdre, où l’on cherchait moins une étreinte qu’une curée. Les regards glissaient, s’accrochaient, se dévoraient. Ici commençait le territoire des loups noirs.
    
    Elvire se tenait au comptoir, ses doigts effleurant distraitement son verre de Mezcal. L’alcool aride lui brûlait la gorge, mais ce n’était rien comparé au feu qui lui consumait le ventre. Une faim qui n’avait rien de doux, rien de tendre. Son loup noir était en chasse, à l’affût. Il grondait, griffait, exigeait.
    
    Sa robe légère et échancrée laissait deviner des courbes appétissantes, une peau offerte, un désir brut. Elle affirmait, s’il le fallait, son besoin trouble. Elle n’était pas là pour la tendresse. Elle était là pour s’oublier, se perdre dans des bras inconnus jusqu’à se dissoudre. Peut-être qu’à force de se donner, elle finirait par atteindre ce qu’elle cherchait désespérément sans parvenir à le nommer.
    
    L’homme l’avait repérée de l’autre côté de la salle. Mâchoire anguleuse, regard concupiscent. Ses yeux avaient accroché les siens. Ils s’étaient compris. Deux fauves errants, deux prédateurs dont la solitude criait famine. Ensemble, ils allaient chercher pitance.
    
    Ils n’avaient échangé que quelques mots. L’essentiel se ...
    ... jouait ailleurs, dans la lueur affamée de leurs pupilles. Lorsqu’il l’avait entraînée vers les toilettes, Elvire l’avait presque précédé.
    
    L’endroit était sordide et exigu. L’odeur aigre du désinfectant bon marché ne les avait pas rebutés. Ils étaient ailleurs. Loin. En piste. Pour se rassasier. Rien d’autre ne comptait.
    
    La porte à peine refermée, ils se jetèrent l’un sur l’autre, sans plus attendre, leurs corps se cherchant sans douceur. N’étaient-ils pas là pour se repaître ? Leurs souffles rauques se mêlaient, leurs muscles tendus tressaillaient spasmodiquement. Ils se dévoraient de leurs bouches, chacun cherchant à contrôler, à dominer, pris dans un rut instinctif. Leurs loups noirs grognaient, se défiaient, rivalisaient, luttaient pour posséder, pour arracher, là, sous le halo blafard du plafonnier des WC, comme s’ils étaient dans une nuit de pleine lune.
    
    Il la plaqua contre le battant en bois avec une violence que d’autres auraient crue excessive, mais qu’elle accueillit avec un frémissement de plaisir. Les mains avides glissaient sur ses cuisses dénudées, la serrant à en meurtrir la chair. La douleur n’était qu’un écho minime de ce qui la dévorait vraiment. Il lui releva la jambe avec brutalité, et d’un geste empressé, lui déchira sa culotte, comme un loup l’aurait fait avec une proie.
    
    Leurs corps se trouvèrent, submergés par ce désir furieux qui n’admettait ni douceur ni retenue. Les mouvements étaient pressés, bruts, sans délicatesse. La sueur perlait sur ...
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