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Les loups sont entrés dans Paris
Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... l’homme qui lui faisait face. Ce n’étaient plus des yeux fiévreux qui plongeaient dans les siens pour la dévorer. Mais d’autres, L’un bleu, l’autre noisette. Lumineux. Frémissants. Ceux du louveteau, un peu plus grands, un peu plus fort, et toujours empreint de cette sérénité étonnante. Le loup noir en elle gronda, rugit, cherchant à annihiler cette vision. Mais celle-ci restait là, ancrée, si nette qu’elle en devenait réelle. Une clarté qui refusait de s’en aller, presque douloureuse dans l’obscurité. Elle essaya de repousser l’homme, de lui échapper, mais il ne comprit pas, ou refusa de lâcher prise. Ses mains se firent plus rudes, ses dents mordirent sa peau, son corps l’écrasait. Il la voulait. Rien ne l’arrêterait. Il s’appropriait d’elle comme d’un territoire conquis. — Arrête… Sa voix n’était qu’un souffle, étranglé par le rejet. Il ne s’arrêta pas. Ses gestes se déchaînèrent. Ils exigeaient, brutalisaient. Sa résistance, vaine et étouffée, nourrissait sa frénésie. Il resserra son étreinte, força. La pénétra d’une envie conquérante, explosive. Puis jouit dans une rage sourde, l’abandonnant aussitôt après. Sa violence se prolongea en insultes furieuses avant qu’il ne s’éloigne, tel un loup victorieux, laissant sa proie gisant sur le sol froid. Le silence retomba, poisseux, étouffant. Elvire restait là, recroquevillée, le corps meurtri, l’esprit en miettes, incapable de se retrouver, ni de se relever. Elle ne savait combien de temps elle demeura ...
... ainsi, figée dans sa torpeur, perdue dans le néant. Puis, dans l’obscurité, quelque chose bougea. Un léger cliquetis sur le carrelage sale. Un bruit de pas entêtant. Elle leva les yeux. Le loup blanc était là, debout devant elle. Il avait grandi, son pelage luisant d’une pureté éclatante. Il la fixait avec une intensité douce, presque réconfortante. Il s’approcha doucement, ses pattes foulant le sol avec une légèreté aérienne. Elvire sentit son souffle tiède, paisible, lui effleurer la peau. Une chaleur douce contre sa chair glacée. Son loup noir, malgré son revers, tenta de le repousser d’un vague grognement. Il le fit taire en retroussant les babines. Calmement, sûr de lui, imposant sa blancheur. Puis il tourna la tête vers la sortie, comme une invitation muette. Ses jambes tremblaient lorsqu’elle se redressa, chaque mouvement devenant un effort pénible. Mais elle avança tant bien que mal, son regard rivé sur le dos de l’animal qui trottinait devant elle avec une assurance tranquille. Le loup la guidait à travers l’obscurité, jusqu’à l’extérieur. Dehors, la lune brillait, ronde et parfaite. Blanche comme le loup. La lumière pâle se réfléchissait sur le pelage scintillant. Soudain, une idée déroutante perça son esprit. Pour la première fois, elle n’avait pas choisi de fuir dans l’obscurité, mais de suivre son loup blanc vers la lumière. Et, sans savoir pourquoi, cela la réconforta, un bref instant. L’équilibre des loups Elle avançait ...