1. Les loups sont entrés dans Paris


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... fuyant la violence brute qui le poursuivait.
    
    Elvire voulut l’appeler, l’encourager, lui promettre de le protéger, mais aucun son ne monta de sa gorge serrée. Comme si elle savait inconsciemment que sa promesse était impossible à tenir.
    
    La forêt se referma autour d’elle, obscure et hostile. Seul résonnait le hurlement triomphant du loup noir. Un cri qui anéantissait tout espoir. Un sentiment d’abandon la submergea. Le loup blanc avait disparu. Elle était seule. Seule sous la coupe du loup noir.
    
    Les cendres de la voracité
    
    Le loup noir braillait en elle. Une faim sourde, corrosive, qui dévorait ses entrailles. Elvire avait cherché à y résister, mais la lutte était inégale. Chaque seconde qui passait émoussait sa volonté. L’appel devenait trop fort, trop impérieux, balayant tout le reste.
    
    Alors, elle était sortie. Ses pas l’avaient menée jusqu’à un autre de ces lieux sordides, fréquenté par des âmes semblables à la sienne, tenaillées par la même faim vorace. Un bar sans nom, un repaire où se retrouvaient les êtres comme elle, qui voulaient éteindre leurs appétits lancinants.
    
    Comme à son habitude, elle s’était installée au bar, perchée sur un tabouret haut, laissant ses longues jambes se balancer à la vue de tous. Ses doigts s’agitaient autour de son verre. L’alcool qui lui brûlait la gorge n’était qu’un baume dérisoire. Les regards se posaient sur elle avec une avidité familière, celle qu’elle recherchait précisément. Il fallait qu’elle choisisse vite pour ...
    ... combler ce vide, museler la bête qui grondait et rugissait en elle, l’étouffer sous un festin de chair avant qu’elle ne la dévore de l’intérieur.
    
    Enfin, un contact visuel, un harpon qui l’accrochait. Il était grand et massif, ses yeux durcis par la faim. Il ne dissimulait rien de son désir, et elle, ne chercha pas à l’ignorer. Leurs loups s’étaient déjà choisis.
    
    Il s’approcha, puis tout se précipita.
    
    Les doigts la saisirent par le poignet, la tirant jusqu’à l’arrière-salle déserte que les relents d’alcool et de sueur imprégnaient. Une tanière sombre et glauque, à l’abri des regards.
    
    Elle le suivait sans hésitation, sans un mot. Ses propres désirs enragés la poussaient à s’offrir, elle qui n’attendait rien d’autre que d’être dévorée. Pour calmer son loup.
    
    Son dos heurta la paroi froide du mur. Une bouche força la sienne avec une brutalité voulue. Leur étreinte commençait. Plus un combat qu’une union. Leurs deux loups s’étaient élancés, chacun cherchant à se rassasier. Il la tenait fermement, l’écrasant contre la surface rugueuse, ses gestes brusques, insistants, à l’image de son loup affamé.
    
    Elle voulait se perdre, s’éteindre dans cet emportement, dans ce simulacre de lutte. Tout oublier. Ne plus entendre ce qui criait trop fort en elle. Tout comme lui, sûrement.
    
    Mais quelque chose résistait. Une lueur blanche, minuscule mais têtue, refusait de s’éteindre dans ses tréfonds.
    
    Surprise, elle ouvrit les paupières, et l’espace se distordit. Ce n’était plus ...
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