1. Les loups sont entrés dans Paris


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #dystopie, #initiatique, #occasion, #lieupublic, fh, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... passage.
    
    Enfin, dans un soupir résigné, elle attrapa le flacon, avala un comprimé, puis un second. Une torpeur la gagna, anesthésiant ses sens et son esprit. Puis le sommeil la happa, l’entraînant dans le noir où tout s’effaça…
    
    Soudain, une image s’imposa avec la netteté impitoyable d’un rêve trop vrai.
    
    Elle se trouvait au milieu d’une forêt, en bordure d’une clairière. Tout autour, les arbres s’élevaient, immenses et noueux, leurs branches torsadées tissant une voûte opaque. L’air y était lourd, chargé d’une odeur de terre humide et d’humus. Un froid étrange s’infiltrait sous sa peau, la faisant frissonner.
    
    Soudain, ils apparurent, surgissant chacun d’un côté opposé.
    
    Le loup noir était colossal, une bête sombre aux crocs luisants, ses yeux brûlant d’une faim insatiable. Il hurlait à la mort, un grondement terrifiant qui semblait vouloir déchirer l’air et tout ce qui osait respirer autour de lui.
    
    En face, se tenait le jeune loup blanc, frêle mais tranquille, fixant son congénère avec une sérénité déconcertante. Il ne cherchait ni à dominer ni à fuir. Il était là, simplement. Comme s’il revendiquait sa place.
    
    La puissance du loup noir faisait paraître le louveteau encore plus petit. Pourtant, c’était l’aura paisible de ce dernier qui captait toute l’attention d’Elvire, comme une lueur fragile, impossible à ignorer, au milieu des ténèbres.
    
    Mais le loup noir ne tolérait pas l’intrus. Il redoubla de fureur, grondant, défiant son rival, prêt à le réduire ...
    ... en lambeaux. L’affrontement était inévitable. Il avançait lentement, agressivement, la gueule ouverte, les épaules basses, le poil hérissé, les muscles tendus sous son pelage sombre. Chaque pas en avant sonnait comme une menace. Ses crocs luisaient dans la pénombre, aussi affûtés que son désir de domination.
    
    En face, le loup blanc restait immobile, comme s’il jaugeait son adversaire qui fondait sur lui. Son calme paraissait insensé face à l’imminence du danger.
    
    Elvire sentit son cœur battre furieusement dans sa poitrine, une panique sourde s’infiltrant dans chaque recoin de son être. Elle voulait crier, intervenir, mais ses lèvres refusaient de s’ouvrir.
    
    Le loup noir bondit. Son pelage sombre recouvrit l’espace de son ombre sinistre. Le loup blanc esquiva en poussant un jappement, les crocs acérés claquèrent sinistrement à quelques centimètres de son cou. Il se replia, mais n’abandonna pas. Face à cette furie dévastatrice qui voulait le mettre en charpie, il se dérobait, se faufilant entre les racines torturées, reculait parfois, échappant de peu aux griffes qui cherchaient à le déchiqueter.
    
    Son pelage blanc était maintenant maculé de terre. Mais ses yeux, eux, brillaient, toujours aussi vaillamment malgré l’inégalité de l’affrontement.
    
    Quand le loup noir poussa un hurlement de mort, faisant vibrer l’air de toute sa rage, le louveteau comprit qu’il ne pouvait rien faire de plus. Pas maintenant.
    
    Alors, il se retourna vivement et disparut entre les arbres, ...
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