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Partie à trois
Datte: 30/01/2026, Catégories: #revebebe, #personnages, #couple, #groupe, fhh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... simplement. Ils la regardèrent sans répondre. — Ensemble, je veux dire. Un silence tendu. — Je ne juge pas. Je ne reproche rien. Je ne vous en veux pas. Le véritable amour, c’est permettre à l’autre de s’épanouir, de s’accomplir… et c’est ce que je vous souhaite. Jean fronça légèrement les sourcils. Régis détourna les yeux. Elle inspira puis continua, calmement. — Cette danse, elle ne m’était pas vraiment destinée. N’est-ce pas ? Elle vous permettait de vous rapprocher sans avouer. De ne pas formuler ce que vous savez très bien, tous les deux. Elle se rapprocha doucement de Jean. Très près. Puis de Régis. Et recula. — Je n’ai jamais eu de vraie place dans votre histoire. Je n’étais là que pour faire écran. Celle qu’on désire en surface, pour ne pas s’avouer ce qu’on ressent en profondeur. Elle les regarda tour à tour. Leur gêne était tangible. Presque touchante. — Ce que vous cherchez, ce n’est pas une femme à partager. C’est l’autre. L’un l’autre. Mais vous avez cru qu’en me mettant entre vous, ça passerait. Que les apparences resteraient sauves. Elle fit une pause. — Mais moi, je ne me tairai pas… pour vous. Silence. — Je vous laisse à votre histoire. A vous de décider ce que vous voulez vraiment vivre. Elle se servit un verre. Le but lentement. Puis, dans un sourire presque tendre : — Ce soir, je vous rends à vous-mêmes. Je vous laisse danser tous les deux, si vous l’osez. Elle les dépassa lentement. Arrivée à la ...
... porte, elle se retourna : — Moi aussi, j’ai aimé. Mais pas comme ça. Pas par délégation. Avec sincérité. Elle s’en alla. Sans colère. Sans fracas. En laissant derrière elle la musique, qui flottait toujours… et deux hommes suspendus à l’instant d’après. Épilogue : aimer jusqu’au bout Elle monta les marches lentement, sans se presser. À chaque pas, elle sentait le poids de la soirée s’alléger un peu plus. Dans le miroir du couloir, son reflet la surprit : des joues légèrement empourprées, des yeux brillants. Mais ce n’était pas la honte. Ni la colère. Ni la rancune. C’était autre chose. Une forme de soulagement. Dans la chambre, elle se déchaussa, retira sa robe, la plia soigneusement sur le fauteuil. Elle s’allongea nue sous le drap, la fenêtre entrouverte sur la nuit. Elle entendait encore la musique qui montait du salon. Un saxophone mélancolique, comme une conversation inachevée… Et pourtant, tout avait été dit. Elle ferma les yeux. Elle n’avait pas gagné, au sens classique du terme. Il n’y avait eu ni vengeance ni éclat. Elle s’était contentée de dire ce qu’elle voyait. Ce que tout le monde refusait de nommer. Et dans cette lucidité tranquille, elle avait trouvé ce qu’elle était venue chercher : sa place. Ni entre eux ni derrière eux. Mais à côté… Elle repensa à leur trouble, à leurs silences. À leur censure depuis toujours. À cette attente inassouvie qu’ils avaient projetée sur elle, comme une dernière ligne de fuite. Elle aurait pu les ...