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Partie à trois
Datte: 30/01/2026, Catégories: #revebebe, #personnages, #couple, #groupe, fhh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... l’intérieur, son cœur battait à tout rompre. Arrivée dans la chambre, elle se retourna. Personne… Elle tendit l’oreille. En bas, des voix. Jean et Régis chuchotaient. Trop bas pour comprendre. Mais assez pour sentir, dans le ton feutré de leurs échanges, une entente complice. Inattendue. Presque paradoxale. Elle referma la porte, au bord de l’implosion. Se plaqua contre le battant. Tenta d’éteindre le tumulte en elle. D’effacer l’abandon inqualifiable dont elle s’était rendue complice. De se reprendre. De remettre de l’ordre dans le chaos intérieur qui la submergeait. Mais le feu était là. Il brûlait encore. Dans sa poitrine. Entre ses cuisses. Et dans chaque souvenir de cette nuit où tout avait basculé. Mais ce n’était pas que du désir inassouvi. Il y avait autre chose, de plus mordant : une sourde déception tapie en elle. Jean n’avait pas réagi. Pas un éclat. Pas un mot. Leur amour ne méritait-il même plus un sursaut de colère ? Acte 3 : la déflagration Elle descendit les marches, posément, discrètement. En robe de soirée, fluide, sombre, qui dansait autour de ses jambes à chaque pas. Les fines bretelles ne cachaient rien de ses épaules nues, et le décolleté révélait le galbe troublant de ses seins. Sa coiffure lui dégageait la nuque. Elle s’était maquillée et parfumée avec soin – un soin presque cérémonieux. Ce soir, elle ne laissait rien au hasard. Dans le salon, les lumières avaient été tamisées. Jean et Régis étaient assis côte à ...
... côte, verres en main. Elle s’arrêta un instant dans le silence du couloir. Les observa. L’un. Puis l’autre. Ensuite, les deux ensemble. Leur connivence était palpable. Ils parlaient à voix basse. Régis riait. Jean hochait la tête. Ils l’attendaient – c’etait évident, avec une impatience larvée, presque fiévreuse. Comme si tout avait été orchestré. Mais sans elle. Elle repensa à leur promenade de l’après-midi. Tous les trois, côte à côte, dans un chemin ombragé. Elle au centre, Jean à gauche, Régis à droite. À un moment, ils lui avaient pris la main. En même temps. Elle avait cru à un geste tendre, un élan sincère. Mais en levant les yeux… ce qu’elle avait vu, c’était leur regard. Dirigé vers elle, oui. Mais traversant son image. Et entre eux deux, quelque chose de plus dense. Une tension dont elle n’était pas la cause. Et soudain, en un éclair, tout s’était ordonné. Tout lui avait paru limpide. Au-delà de ce qu’ils attendaient d’elle, du rôle qu’ils lui cachaient. Elle avait compris que ce n’était pas elle qu’ils désiraient vraiment. Elle n’était qu’un prétexte. Et ce soir, elle comptait bien leur montrer qu’elle n’était pas dupe. Elle entra, le sourire qu’ils attendaient aux lèvres. — Bonsoir, les garçons. Ils se tournèrent vers elle. Et la dévisagèrent sans pouvoir cacher l’éclat admiratif de leurs yeux. — Tu es superbe, dit Jean. — Comme toujours, ajouta Régis. Elle s’assit sur le canapé, entre eux. Croisa les jambes lentement. Le tissu ...