-
Partie à trois
Datte: 30/01/2026, Catégories: #revebebe, #personnages, #couple, #groupe, fhh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... remonta sur ses cuisses, un peu plus haut qu’il n’aurait dû. Elle s’en moquait. Ou plutôt, elle en jouait. — Vous avez commencé sans moi ? dit-elle en désignant la bouteille entamée, posée sur la table basse. — On t’attendait pour trinquer, répondit Régis en lui tendant un verre. Elle leva son verre. Un regard à l’un, puis à l’autre. — À notre soirée, alors. Les verres s’entrechoquèrent doucement. Une musique en sourdine emplissait la pièce. Un vieux jazz à saxophone, langoureux. Maryse ferma les yeux. Juste le temps de rassembler ses forces, de balayer ses doutes. Puis elle se leva. — J’adore ce morceau… Elle s’avança vers l’enceinte, augmenta légèrement le volume. Puis revint, ondulante au rythme lent des accords. Dans ses yeux, une lueur aguicheuse. Trop parfaite pour être sincère, mais aucun des deux ne sembla le remarquer. Elle s’arrêta face à Régis. — Tu danses ? Il se leva sans hésiter. Elle glissa ses bras autour de son cou. Trop près, beaucoup trop près. Il posa ses mains sur ses hanches. Leurs corps se mirent à bouger lentement, comme si tout cela allait de soi. — Tu es pleine de surprises, murmura-t-il. — Pas autant que vous deux, répondit-elle d’un ton doux, presque complice. Mais, dans ses yeux, quelque chose avait changé. Son mari les regardait. Immobile. Attentif. Alors, elle tourna le visage vers lui. — Tu viens, Jean ? On peut danser à trois… Comme toi et Régis le faisiez autrefois lorsque vous ...
... partagiez tout… non ? Un petit rire s’échappa de ses lèvres. Entre malice, séduction et défi. Jean hésita. Puis se leva à son tour. La danse devint trio. Régis d’un côté, Jean de l’autre. Elle au centre, se balançant sensuellement, pivotant pour offrir tour à tour son dos à l’un, son regard à l’autre. Leurs mains frôlaient sa peau, leurs corps frémissants le sien. Le désir vibrait à fleur de peau, irrésistible, crescendo. Leurs mouvements devenaient plus sensuels. Presque lascifs. À mesure qu’elle s’effaçait, les deux hommes semblaient se rapprocher. Une tension ancienne remontait. Quelque chose d’inachevé. Une vibration sourde, prête à éclater. Elle dansait. Observait. Analysait. Le regard de Jean sur Régis. Le trouble de Régis quand elle se collait trop à Jean. Le silence qui s’installait dès qu’elle cessait de parler. Leurs gestes n’étaient plus chorégraphiques. Ils devenaient autre chose : l’expression d’un désir enfoui qui ne demandait qu’à s’embraser. Ils rejouaient quelque chose. Leur propre passé. Le temps de l’insouciance. Des partages… et des fuites. Ce n’était pas elle qu’ils désiraient. C’était ce qu’ils ressentaient. Ce qu’ils n’osaient pas s’avouer. Un frisson la traversa. Non de désir. Ni de rancœur. De lucidité. La mélodie du saxophone continuait encore. Doucement. Hypnotique. Elle recula d’un pas. Ils la laissèrent se détacher à contrecœur. Alors, elle les regarda – l’un après l’autre. — Vous êtes beaux tous les deux, dit-elle ...