1. Le petit canard de la côte flamande


    Datte: 18/01/2026, Catégories: #romantisme, fh, jeunes, vacances, plage, #multilingue, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... espèce de voyeur !
    — J’avoue sans problème que le spectacle est fort intéressant !
    — Menteur ! Mes sœurs sont nettement mieux que moi !
    — Elke, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase « tu me plais » ? Si l’une de tes sœurs m’intéressait, c’est à elle que je dirais ça. Mais là, c’est à toi que je le dis.
    
    Elle se redresse un peu, me regardant avec des gros yeux ronds :
    
    — Tu t’intéresses vraiment à moi ? En si peu de temps ?
    — Si je te le dis…
    — C’est pas pour plaisanter ?
    — Pas avec ce genre de chose… J’embrasse rarement une personne sur les lèvres pour plaisanter. Pour être précis, ça ne m’est jamais arrivé.
    — Ah…
    — Comme tu dis.
    
    Au milieu du bruit des vagues, le temps est suspendu. Il va falloir que je dise quelque chose d’intelligent, mais en pareil moment, c’est souvent un truc plat ou une imbécillité qui sort. Oui, Elke me plaît, il me suffisait de le dire pour que ce soit une évidence. Comme quoi…
    
    — Oui, tu me plais pour diverses raisons : je suis bien avec toi, je m’entends bien avec toi, tu me conviens parfaitement, nous sommes synchrones, sur la même longueur d’onde. Ne me demande pas de t’expliquer le pourquoi du comment en détail, je suis assez nul à ce jeu-là. Je constate que tu me plais, c’est le principal.
    — Tu… tu ne te moques pas de moi ?
    
    Toujours penché sur elle, j’approche mon nez du sien :
    
    — Pourquoi veux-tu que je me moque de toi ? Tu commences à me connaître, non ?
    — Euh oui… mais c’est surprenant… en trois jours ...
    ... ?
    — La valeur n’attend point le nombre des années !
    — Ça me rappelle quelque chose… Mes parents m’ont obligée à lire du Molière, du Racine, du Corneille… sans parler de tous les autres !
    
    Je la regarde droit dans les yeux :
    
    — Oublie un peu ta famille, Elke, et ne pense qu’à toi.
    — Facile à dire, Gildas !
    — Justement, c’est facile : moi, je ne pense qu’à toi, je ne vois que toi.
    
    Je sens confusément que le temps des paroles est révolu et que celui des actes s’ouvre. Alors, je l’embrasse à nouveau, et on ne peut pas dire qu’elle s’y oppose farouchement !
    
    Bien que je continuerais bien à l’embrasser durant des heures, il faut reprendre son souffle à un moment ou à un autre. C’est à regret que nos lèvres se séparent, mais je laisse une main sur un sein que j’ai eu grand plaisir de peloter. Clignant des yeux, assez stupéfait par la tournure des événements, je m’exclame :
    
    — Eh bé !
    
    Allongée sur le dos, reprenant son souffle, Elke se met à l’unisson en flamand :
    
    — Je ne te le fais pas dire ! C’est quoi qui nous arrive ?
    — Ah ça… pourtant, nous n’avons rien bu, ni manger de spécial !
    — Mis à part une glace… et nous avons mangé la même hier au même endroit…
    — T’is waar… (c’est vrai)
    
    Tiens, je n’avais jamais fait attention que « vrai » et « où » étaient homophones en néerlandais… Waar et onwaar (vrai et faux). Revenons à nos moutons… j’enchaîne en français :
    
    — C’est bien la première fois que ça se passe ainsi.
    
    Elke se redresse sur ses coudes :
    
    — Moi ...
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