1. Illégalité


    Datte: 03/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe

    ... Elle ne comprenait pas.
    
    — Bienvenue chez moi, dit-il d’une voix grave mais bien moins qu’avec le modificateur.
    
    Chez lui ? pensa Alhya qui se rendait enfin compte de son environnement. Pas un centre de détention. La surface sombre sur laquelle reposaient le bandeau et les gants se trouvait être un comptoir de cuisine. Très bien aménagée, d’ailleurs. Frigo double, congélateur, four, micro-onde, cuisinière à induction, évier double et des meubles dans un style moderne. Ouverte sur une salle à manger, la grande salle se poursuivait à droite vers un salon, à peine visible depuis l’entrée.
    
    Le tout n’était clos que par une immense baie vitrée surplombant la ville, de très haut ! Alhya se trouvait dans un immeuble de super riches. À droite, deux portes closes. À gauche derrière la cuisine, une autre entrouverte mais à cette distance et dans cet angle, Alhya ne pouvait pas voir ce qui s’y trouvait.
    
    Il l’avait amenée chez lui ? Dans son appartement ? Dans son immeuble ? Alhya n’avait aucune idée de ce que cela signifiait. Son cerveau naviguait dans un brouillard total.
    
    — Désormais, tu es ma servante… mon esclave si tu préfères.
    
    Son esclave ? s’étrangla Alhya en pensées. Depuis quand cette pratique était-elle légale ? Elle réfléchit deux secondes. Elle n’était pas légale. Aucune loi ne lui permettait de s’approprier ainsi autrui et il s’en fichait. Elle ne risquait pas de le dénoncer. Sa disparition n’affecterait personne. Pas même Fred. Il supposerait qu’elle s’était ...
    ... écartée trop tard dans la voie rapide, voilà tout. Dans ce monde impitoyable, mort et vie se côtoyaient dans une indifférence générale.
    
    — Tu es là pour faire en sorte que mon appartement me plaise. Je n’y passe pas beaucoup de temps mais à l’heure actuelle, il me dégoûte. C’est ton rôle de faire en sorte qu’il me devienne agréable.
    
    Alhya étudia une seconde fois son environnement. Des boîtes moisies traînaient un peu partout. Des vêtements jonchaient le sol, les chaises, les étagères. Toutes les plantes gisaient, desséchées. La poussière régnait en maître.
    
    — Les règles sont simples. Il n’y en a que trois. La première, je viens de te la dire : ton rôle est de faire en sorte qu’il me tarde de rentrer chez moi. Pour cela, à toi de m’observer et d’en tirer les bonnes conclusions.
    
    Alhya comprenait bien sa mission, même si elle trouva compliqué de « deviner » les préférences du maître des lieux simplement en l’observant.
    
    — Deuxième règle : tu es invisible, poursuivit-il. Tu ne m’adresses pas la parole. Tu ne traînes pas dans mes pattes. Tu te montres discrète. Je suis rarement présent alors les tâches bruyantes, tu les fais quand je suis absent.
    
    Ne pas lui parler ? Comment allait-elle… Elle n’eut pas le temps de se poser mille questions qu’il précisa :
    
    — Je me fiche totalement de ta vie. T’as faim ? Tu manges. T’as soif ? Tu bois. T’as sommeil ? Tu vas dormir. T’as rien à me demander. Tu fais ta vie, tant que tu respectes la règle n°1.
    
    Alhya cligna des yeux. ...
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