1. Illégalité


    Datte: 03/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe

    ... ne manquait pas spécialement à Alhya qui ne l’avait jamais connu, étant née dans ce monde. Sa mère lui en parlait souvent en salivant. Des bananes aussi, et des avocats. Des fruits qu’Alhya ne dégusterait jamais.
    
    Les congélateurs partagés permettaient de conserver les fruits et légumes venus des potagers communs. Seul un frigo de petite taille par famille était permis. La télévision individuelle avait disparu des foyers, remplacée par un grand écran collectif diffusant, dans chaque place centrale de chaque quartier, les nouvelles choisies par le gouvernement.
    
    Quant à imaginer avoir accès à un ordinateur, une tablette ou un téléphone portable ! Ces objets se vendaient une fortune au marché noir. En posséder relevait du rêve. Parfois, un fouineur en trouvait un, égaré ou datant d’avant. Rien que les matériaux qui le composaient valaient une fortune. Il avait intérêt à taire sa découverte, la ranger, impassible et poursuivre comme si de rien était, sans quoi tous les autres l’étriperaient pour l’obtenir.
    
    Alhya avait entendu parler de fouineurs qui disparaissaient. Tués ou devenus riches en vendant une des reliques du temps passé ? Impossible à savoir. Pour sa part, elle n’avait jamais rien trouvé. Ceci dit, elle ne cherchait pas et dans cette voie rapide, rien ne traînait.
    
    Alhya arriva à la ville haute. Les pauvres y étaient rares voire inexistants. Par la voie piétonne, il fallait cinq heures de marche pour parvenir ici. La voie rapide offrait un trajet d’à peine ...
    ... une heure, permettant à Alhya de profiter des installations des riches.
    
    Elle entra dans le centre commercial lumineux et coloré. En ville basse, seules des boutiques mal éclairées proposaient des denrées aux acheteurs sales et puants. Tout ici sentait bon et rutilait.
    
    Alhya s’avança sans crainte. Habituée, elle passa les portes doubles automatiques et se dirigea vers le centre de surveillance. Elle frappa à la porte : trois coups, deux puis un. Un code convenu entre elle et Fred, le vigile en poste à cette heure-ci.
    
    Elle s’engouffra dans la porte entrouverte qui se referma d’un souffle derrière elle. Elle retira son manteau à capuche et dégrafa son chemisier. Inutile d’échanger avec Fred. Leur relation était bien rodée. Un ballet muet et bien huilé.
    
    Les seins nus et fermes de la jeune femme apparurent. Le vigile les dévora des yeux. Il lui tendit un carton. Tandis qu’elle en découvrait le contenu, Fred sortit sa queue de son pantalon et commença à la caresser. Alhya n’y prêta aucune attention.
    
    Sa mère aurait hurlé si elle avait su. Sauf que voilà, terrassée par la maladie et incapable de payer pour les soins dont elle aurait eu besoin, elle était morte en laissant sa petite fille de huit ans seule. Alhya avait été admise dans un foyer. Elle y avait été bien traitée, découvrant l’école où elle n’avait jamais mis les pieds jusque-là. Elle mangeait un repas chaud par jour et dormait dans un lit à peu près propre. Ce n’était pas si mal.
    
    À sa majorité, elle avait ...
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