1. Illégalité


    Datte: 03/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe

    ... pour une futilité de ce genre.
    
    — Déshabille-toi, ordonna-t-il.
    
    Alhya tremblait comme une feuille. Sa mâchoire s’ouvrait et se fermait sur des sons muets. Elle ne parvenait même pas à gémir. Tout était bloqué.
    
    — Maintenant ! gronda-t-il en raffermissant sa prise sur son arme.
    
    Le cerveau d’Alhya força ses muscles à bouger. C’était ça ou mourir. Se déshabiller n’était pas le problème. Bouger l’était. Il lui aurait demandé de sauter sur place que ça n’aurait pas été plus facile.
    
    Ses doigts tremblants luttèrent avec les boutons du vêtement offert par le directeur du foyer. Ce manteau. Son armure. Son dernier lien avec la compassion humaine. Il tomba au sol. Les boutons du chemisier résistèrent mais finirent par céder. La poitrine se dégagea sans que le spécial ne bronche.
    
    Alhya en était certaine : il s’en fichait du corps se dévoilant devant lui. Les spéciaux étaient des machines à tuer, formées en ce sens. Il lui demandait de retirer ses vêtements par sécurité, afin d’être certain qu’elle ne porte pas d’armes, probablement afin de la fouiller plus à son aise. À aucun moment elle n’imagina qu’il eût des idées perverses.
    
    Les baskets offertes par une gentille vendeuse rejoignirent le tas de vêtements. Le pantalon suivit.
    
    — Enlève-tout, ordonna-t-il de sa voix rauque modifiée.
    
    Chaussettes et culottes s’agglutinèrent avec leurs copains.
    
    — La montre aussi, indiqua-t-il.
    
    Aucun signe d’agacement dans sa voix. Il précisait ses ordres. L’accessoire avait ...
    ... été offert par sa mère pour ses six ans. Alhya y tenait. Elle la retira sans attendre. Mieux valait ne pas mettre le spécial en colère. Quand il aurait constaté qu’elle ne transportait rien d’illégal, il la laisserait partir et elle pourrait reprendre ses biens.
    
    De tout l’effeuillage, il n’avait pas bougé. À peine le canon de son arme suivait les mouvements de sa cible. Sa posture générale, pieds ancrés dans le sol, équilibre parfait, centre de gravité maîtrisé, prouvait qu’il savait parfaitement ce qu’il faisait.
    
    Alhya se retrouva entièrement nue. Pauvre, elle ne portait aucun bijou. Ni bague, ni collier, ni bracelet. Pas de piercing ni de tatouage non plus. Son corps naturel s’offrait sans que le spécial n’y sembla réceptif.
    
    — Mets tes mains dans ton dos, ordonna-t-il.
    
    Elle obtempéra. Dans la vitre, elle le vit rengainer. Pour autant, elle ne broncha pas. Ces gars étaient aussi dangereux armés qu’à mains nues, elle n’en doutait pas. Il sortit des entraves en fer et les lui plaça autour des poignets. Retenir son urine devint plus difficile pour Alhya.
    
    La stature générale du spécial se détendit. Sa proie nue et attachée, il se permettait de baisser un peu sa garde. Les poignets liés dans le dos, Alhya ne put que constater qu’il sortait un bandeau souple d’une autre poche pour le placer sur les yeux de sa victime. Alhya perdit la vue. Elle gémit, tremblant plus fort que jamais.
    
    — Ouvre la bouche, ordonna-t-il.
    
    Un bâillon vint remplir sa cavité buccale, ...
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