-
Illégalité
Datte: 03/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe
... bloquant efficacement l’air. Les gémissements devinrent étouffés, à peine audibles. Les tremblements s’accentuèrent encore. Il l’attrapa par le bras et la fit avancer. La sensation du cuir de son gant froid sur sa peau amena des larmes à Alhya. La respiration haletante, elle suivit sans résister, trop apeurée de ce qu’il lui ferait si elle osait s’opposer. — Il y a une voiture au coffre ouvert devant toi. Entre dedans. Il la fit avancer avec douceur. Lorsqu’elle sentit le contact avec le pare-choc, elle leva une jambe. Il l’aida en lui soulevant les bras. Il protégea son crâne d’une main sur le haut de sa tête. Un choc sourd la prévint de la fermeture de la partie arrière de la voiture. Un chuintement qu’elle venait de démarrer. Alhya tira sur ses entraves. Solides, évidemment. Le contraire aurait été étonnant. Le bâillon la faisait baver. L’incertitude de l’avenir lui transperçait le ventre. Où l’emmenait-il et surtout, pourquoi ? Quelle loi avait-elle transgressée sans le savoir ? Une loi assez grave pour qu’un spécial se déplace ? C’était la mort assurée ! Le chuintement léger cessa et sans surprise, un souffle d’air frais indiqua l’ouverture du coffre. — Sors, ordonna-t-il de sa voix modifiée artificiellement. La tenue, le masque, la voix permettaient de les rendre indiscernables les uns des autres. Effet terrifiant garanti. Elle se redressa. À nouveau, il l’aida, protégeant sa tête et la soutenant par les bras. Des sols froids et lisses ...
... succédèrent à des sols tièdes et rugueux, pour redevenir froids, puis chauds. Les sensations s’enchaînèrent sans permettre à Alhya d’y donner du sens. Alors qu’il l’avait fait stopper et attendre, Alhya sentit son estomac lui envoyer un signal qu’elle fut incapable d’identifier, un genre de nausée en plus doux. L’effet se reproduisit une seconde fois puis Alhya fut priée d’avancer encore avant de s’arrêter. Où l’amenait-il ? Dans quel complexe ? Vers quelle prison ? Un centre de détention de haut niveau, à n’en pas douter. Quelles tortures allait-elle devoir subir ? Elle leur dirait volontiers tout ce qu’elle savait. Seulement voilà, elle avait beau chercher, elle ne voyait pas ce qu’elle pouvait savoir d’intéressant. Le bandeau sur ses yeux disparut. Le spécial se trouvait devant elle. Il déposa le bandeau sur une surface sombre puis retira son masque. Sa capuche suivit. Elle découvrit le visage d’un homme jeune, vingt-cinq, vingt-six ans tout au plus, la mâchoire carrée agrémentée d’une barbe de trois jours, des yeux brun profond, des sourcils marqués, les cheveux marron ondulant sur sa tête. Il retira ses gants puis se passa une main dans les cheveux, geste nonchalant terriblement sexy. Putain, il était beau comme un dieu. Le cerveau d’Alhya, cependant, ne s’en rendit qu’à peine compte car tout ce qu’il parvenait à répéter était « Il m’a montré son visage. Je suis morte ». Il retira sa veste et ses rangers, qu’il jeta un peu plus loin. Alhya peinait à rester debout. ...