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Illégalité
Datte: 03/01/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe
... augmentant encore son allure terrifiante. Il tourna la tête vers elle. Elle s’empressa de fixer les dalles du sol avec une adoration rarement vue. Il la fixa un clignement d’œil puis s’éloigna, son journal à la main. — Il y a du grabuge dans le coin ? demanda Alhya à la marchande de journaux. Pourtant, elle n’avait rien vu de tel dans les gros titres. — C’est un client régulier, indiqua Julieta. Il vient chercher son journal tous les jours. Ceci dit, ce n’est pas forcément le même à chaque fois. Impossible d’en être certaine vu leur accoutrement. Alhya l’observa s’éloigner. Tout le monde s’écartait devant lui. Son uniforme n’était pas seul responsable. Sa démarche assurée s’en serait chargée seule. — Je ne l’ai jamais vu, souffla Alhya. — Passage éclair à chaque fois. Il a probablement autre chose à faire. Et puis, ce n’est jamais deux fois à la même heure. Une fois, il est arrivé à la fermeture. Je n’avais plus deSynapse. Il ne m’a pas rabrouée mais… je ne sais pas… Depuis, j’en garde un exemplaire pour lui. Alhya comprenait. Ce spécial en imposait. Son seul mouvement de tête vers elle avait suffi à immobiliser la jeune femme, à la figer, à lui faire oublier de respirer. Alhya secoua la tête, reprenant ses esprits, éloigna le spécial de son esprit. Elle avait à faire et elle devait se presser. Le centre commercial ne tarderait pas à fermer. Ensuite, elle attendrait dehors. Impossible de prendre la voie rapide tout de suite. Trop de trafic. Il valait ...
... mieux attendre que tout le monde soit rentré chez soi. Alhya termina sa tournée des boutiques à temps. Elle sortit et le centre commercial ferma pour la nuit. Toutes les lumières moururent. Le noir complet. Pour économiser l’énergie, les magasins devaient tout éteindre. Seules les salles froides tournaient en permanence. Alhya profita du silence pour se détendre. Elle étira ses épaules et fit rouler sa tête. Son cou l’en remercia. Un peu de méditation ne serait pas de trop. En bas, elle ne pouvait pas en faire. Trop de risques de se faire agresser. Dans les hauts quartiers, pas de danger. Elle pouvait relâcher son attention. Elle n’avait pas hâte de retourner en bas et pourtant, il le fallait. Si elle était prise à dormir dehors ici, ça serait un aller simple vers les travaux forcés. Le canon d’une arme sur sa nuque la figea. Elle leva les yeux pour constater, reflet procuré par la lune dans la vitrine éteinte devant elle, qu’un homme la tenait en joue. Son cœur rata un battement. Rangers, pantalon et veste sombres, gants, capuche, visage insondable, pas de doute : un spécial. Alhya se retint difficilement de se pisser dessus. Elle respira avec peine. La mort allait frapper, elle en était certaine. La raison lui échappait. D’accord, les pauvres venaient rarement dans ce coin mais ce n’était pas interdit et même si ça l’était, le spécial ne s’occupait pas de la plèbe dans son genre. Sa mission concernait les hors-la-loi de haut vol. Il ne perdrait pas son temps ...