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Périple en GR
Datte: 31/12/2025, Catégories: #ruralité, #rencontre, #personnages, #adultère, Auteur: Delectatio, Source: Revebebe
... complice. C’est bien plus que ce qu’il aurait osé espérer. Il se redresse lentement, les jambes un peu raides, enfile le pull qui traîne au pied du lit. Le soleil perce à travers les rideaux, il sent l’odeur du café et du foin mouillé. Peut-être que « oui », il pourra recommencer. Pas aujourd’hui, peut-être pas demain. Mais il sait, à présent, que c’est possible. Et ça, c’est une victoire immense. Fred avait prévu de partir douze jours, il n’en a utilisé que la moitié, alors pourquoi ne pas passer le reste du temps avec Jeanne. Évidemment, elle est d’accord, elle l’emmène même au village, pour qu’il puisse téléphoner à sa femme et lui dire que tout va bien, lui assurer qu’il est en vie et qu’il passe un agréable séjour… La pauvre, si elle savait ! — Ah oui, mon portable est HS et je ne peux plus t’appeler comme je veux, mais je te laisserai des messages quand je passerai dans des villages. Il n’a même pas honte de lui mentir. Ces six jours avec Jeanne sont passionnés, passionnels et passionnants. Il ne se serait jamais cru capable de telles péripéties au lit, elle non plus d’ailleurs. Mais le plus inquiétant c’est que toutes les bonnes choses ont une fin. Le temps passe très vite, trop vite… Dans les dernières heures, l’inquiétude le gagne. Malheureusement, ce n’est pas que de l’envie sexuelle qu’il ressent envers Jeanne, les sentiments sont là, il ne peut pas les ignorer. Elle essaie de se détacher, de minimiser, mais ce qui ne devait être qu’un petit ...
... intermède devient pour lui une souffrance, la souffrance d’une séparation annoncée. Le dernier matin, Fred se réveille avant l’aube. Jeanne dort encore, un bras jeté sur l’oreiller vide, les cheveux en bataille, la respiration lente et profonde. Il la regarde, la gorge serrée, les entrailles nouées. Il voudrait arrêter le temps, s’endormir à nouveau, refaire la boucle de ces six jours jusqu’à l’épuisement du monde. Mais l’horloge tourne. Il se lève sans bruit, enfile ses vêtements pliés sur la chaise. Il a rechargé son sac à dos la veille, à contrecœur, en tentant de garder les gestes mécaniques, sans laisser le cœur se mêler à l’affaire. Peine perdue ! Jeanne émerge doucement, entrouvre les yeux. — Tu pars ? Il hoche la tête. Un simple geste. Il ne trouve pas les mots. Elle, si. — C’est mieux comme ça, tu le sais. Si tu restes, ça va devenir… sérieux. Et j’ai pas la place pour ça dans ma vie. Ni toi, d’ailleurs. Elle se redresse, s’assoit au bord du lit. Fred la regarde. Elle est belle dans sa nudité, sans fard, sans défense, avec son franc-parler et son fichu cœur qu’elle essaie de camoufler derrière des répliques sèches. Il sait qu’elle joue. Qu’elle souffre aussi, à sa manière. — J’voudrais pas qu’tu crois que c’était rien, murmure-t-il. — J’suis pas idiote, Fred. Je sais très bien ce que c’était. Et j’sais aussi ce que ça aurait pu devenir si on n’avait pas été foutus de naître trente ans trop tôt. Il s’approche, la prend doucement dans ses bras. ...