1. Périple en GR


    Datte: 31/12/2025, Catégories: #ruralité, #rencontre, #personnages, #adultère, Auteur: Delectatio, Source: Revebebe

    Cette année, Fred décide de partir un peu en vacances pour parcourir un bout de GR. Sa femme le laisse filer, elle est fatiguée et ne se sent pas la force de partir avec lui sur les chemins, pour vivre à la dure et faire des marches forcées. Néanmoins, elle comprend bien qu’il en a marre de rester tout le temps à la maison. Depuis qu’il est retraité, il tourne en rond, il ne sait pas s’occuper, et ses activités à elle ne l’intéressent pas. Ça ne peut que lui faire du bien et lui changer les idées.
    
    Le voici donc parti seul en escapade sur un sentier auvergnat avec son sac à dos pour le bivouac. C’est là qu’il se rend compte que la forme n’est plus vraiment au rendez-vous. Il a mal partout, ses muscles sont endoloris, ses articulations grincent. Pris dans un vent glacial et sous des averses, au bout de quelques jours, il n’en peut déjà plus.
    
    Par chance, alors que ses affaires sont trempées et qu’il grelotte de froid, il aperçoit en contrebas un bâtiment et se réfugie dans la grange d’une vieille ferme.
    
    La propriétaire du lieu, une vieille femme de son âge, ne tarde pas à se préoccuper de la présence de ce visiteur inattendu qu’elle a vu pénétrer chez elle sans autorisation. Cet importun l’inquiète un peu, d’autant plus qu’elle le retrouve à moitié nu dans le hangar. Et pour cause, il s’est débarrassé de ses vêtements à tordre.
    
    La fermière s’approche prudemment, une lanterne à la main. Son chien, un Border Collie au museau grisonnant, grogne doucement en restant ...
    ... collé à ses jambes.
    
    — Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous faites là ? demande-t-elle, la voix ferme, quoique teintée d’inquiétude.
    
    Fred tente de se redresser, mais ses muscles protestent avec violence. Il lève les mains en signe de paix.
    
    — Excusez-moi… Je marchais sur le GR, j’ai été pris par la pluie… Je ne voulais pas m’imposer. J’avais juste besoin d’un abri.
    — Z-avez peut-être une langue, z-auriez pu demander ! sermonne-t-elle froidement.
    
    Il grelotte en essayant de rassembler ses vêtements détrempés. La femme l’observe un instant, plisse les yeux, puis soupire.
    
    — Vous allez attraper la mort dans ce grenier, vieux fou.
    
    Elle s’en retourne, son chien sur les talons, puis revient quelques minutes plus tard avec une couverture rêche, un pull de laine et une vieille paire de sabots.
    
    — Allez, venez. J’ai un poêle qui ronfle encore. Vous me ferez pas une pneumonie sous mon toit.
    
    Fred hésite un instant, puis accepte. Il la suit en titubant jusqu’à la maison principale, une bâtisse de pierres sombres battue par les vents. L’intérieur est simple, rustique, mais chaleureux : une table de bois épais, des rideaux à fleurs fanées, et une odeur de soupe aux légumes qui traîne encore dans l’air.
    
    — Mettez-vous près du feu. Je vais faire sécher vos affaires.
    
    Il la remercie timidement en s’installant près du poêle. Le chien s’est couché près de lui, apaisé. Fred se sent fondre, presque pleurer. Il n’avait pas prévu ça : la fatigue, la solitude, ce moment de ...
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