1. Le club des désespérés


    Datte: 23/11/2025, Catégories: #société, #romantisme, #lieuderencontre, fh, gros(ses), hotel, amour, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... de ne pas recommencer. J’ai quelque chose à vous montrer. Je ne peux pas vous parler de vos poèmes, parce que les mots, c’est votre truc, pas le mien, mais j’ai quelque chose à vous montrer. Si vous voulez toujours. Devant les girafes.
    — Je veux, je veux. J’ai justement besoin de sortir. Je n’ai pas mis le nez dehors depuis trois jours et il paraît que je mène une vie néfaste à ma santé. Quand êtes-vous libre ? Moi, c’est quand vous voulez, mais peut-être pas la nuit, car on ne verrait pas les girafes.
    — Je suis libre aussi. Je ne travaille plus et on ne m’a pas remis en prison. Si on disait demain ?
    — Demain, c’est bien, j’ai justement un bon horoscope pour demain. Je ne sais pas où tu en es, mais si tu pouvais être propre et rasé, ce serait bien.
    
    Ils se retrouvent à l’heure dite, Antoine très en avance avec un tremblement qui lui rappelle le temps où il buvait tous les jours. Sofia est en jean avec un gros pull en laine qu’elle a visiblement tricoté elle-même et lui n’a pas mis de chemise parce qu’aucune n’était propre. Il porte juste un tee-shirt noir sous sa parka. Dès qu’elle le voit, elle s’approche en souriant et se hisse sur la pointe des pieds pour lui faire une bise sur la joue. Ses lèvres sont d’une douceur infinie et ses gros seins s’appuient contre la poitrine d’Antoine qui ressent son premier émoi sexuel depuis un temps infini. Ils échangent des propos insignifiants et s’assoient sur un banc en face des girafes, essoufflés comme s’ils avaient couru un ...
    ... marathon.
    
    — C’est trop d’émotions, dit Antoine. Je n’ai plus l’habitude. Si on s’occupait d’abord des girafes ?
    
    Sofia écrit dans un petit cahier à couverture bleu nuit et Antoine dessine. Comme il n’a pas pris son carnet dans le sens de la hauteur, il n’a pas la place pour la tête qui est hors champ. Il s’apprête à recommencer lorsque Sofia qui gardait un œil sur ce qu’il faisait, éclate de rire.
    
    — C’est trop bien ! dit-elle. Tu ne dessines même pas la tête et on sait avec certitude que c’est une girafe ! Tu n’avais pas dit dans les « j’aime » que tu étais un formidable dessinateur.
    — J’avais oublié. C’est revenu en lisant vos poèmes. Tenez.
    
    Il lui tend une liasse de dessins. Il y a là le champ de tournesols, le vent qui éparpille les feuilles d’un érable et les sept versions du campagnol. Il n’a pas amené ses taupes qui n’étaient pas dans les poèmes.
    
    — Regardez bien les campagnols, dit-il. Vous devez dire lequel est le vôtre.
    
    Antoine remarque avec plaisir que la jeune femme ne lui rit pas au nez. Elle observe très sérieusement chacun des dessins. Elle plisse le front comme lorsqu’elle lisait la fiche des cas désespérés et ce pli commence à plaire à Antoine. Il a l’impression de retrouver un vieil ami. Pourtant, il pense que Sofia ne va pas réussir l’épreuve. Elle ne se rappelle certainement pas de chaque détail de chacun de ses poèmes. Mais il se trompe.
    
    — C’est lui ! Bien sûr que c’est lui. Tu as parfaitement compris. Il est prudent. D’ailleurs, il te ...
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