1. Ne jamais désespérer


    Datte: 06/04/2025, Catégories: fh, hplusag, jeunes, extracon, voisins, campagne, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... peluche, une pierre ? Qu’est-ce que tu crois que je ressens ? Qu’est-ce qui me passe par la tête quand tu te balades à poil devant mon nez ? Je suis un homme, Lucie, un homme avec une queue et les hommes pensent d’abord avec leur queue avant d’utiliser leur cerveau, on ne te l’a jamais dit ?
    — Mais… je…. Pourquoi tu me dis ça ?
    — Parce que me respecter dans ma maison, cela voudrait dire s’habiller un minimum avant de descendre déjeuner. Parce que je pourrais me taper la tête contre le mur tellement je te désire. Que ce ne soit pas réciproque, je le comprends, mais que tu me nies à ce point, ça devient intolérable. Excuse ma colère, elle est idiote, mais va mettre quelque chose de plus, s’il te plaît.
    
    Elle est remontée dans sa chambre et je suis parti sur les chemins, je ne sais même pas si elle a déjeuné ce jour-là. Il pleuvait, mais j’ai quand même marché pendant des heures, débusquant des chamois ahuris de trouver un humain dans la montagne par ce temps. Quand je suis rentré, elle avait préparé un gratin de courge et elle lisait un livre à côté du feu qu’elle avait allumé et entretenu. Elle portait un jean et un pull-over. Elle avait même attaché ses cheveux, ce que je n’avais encore jamais vu.
    
    Je fis comme si de rien n’était et elle aussi. Comme il pleuvait toujours, je passais l’après-midi à lui apprendre à jouer aux échecs, souhait qu’elle avait exprimé la veille. Je regrettais alors d’autant plus ma sortie du matin que son petit museau concentré sur ses pièces ...
    ... me faisait encore plus d’effet que son cul nu au petit déjeuner. Ensuite, elle regarda une série débile sur son téléphone tandis que je me battais avec Carthage, me moquant des éléphants et attendant que Salammbô se donne enfin au général rebelle.
    
    Puis ce fut la nuit. Ici, dans le village, le temps passe différemment. Après le jour, il y a toujours la nuit, elle n’arrive jamais par surprise. Je m’exprime mal. Bref, j’étais dans mon lit avec un polar islandais, parce qu’on ne peut pas lire du Flaubert en permanence, quand j’ai entendu le parquet craquer devant la porte de ma chambre. Lorsque j’ai levé la tête de mon livre, le visage de Lucie s’encadrait dans l’entrebâillement de la porte.
    
    — Je n’arrive pas à dormir, Antoine. Est-ce que je peux venir dans ton lit ?
    — Tu es sûre que c’est ce que tu veux ? ai-je répondu, méfiant.
    — Oui. Éteins ta lumière, s’il te plaît, je ne veux pas que tu me regardes.
    
    J’ai posé mon livre et mes lunettes sur la table de chevet et j’ai éteint la lampe. Je ne savais plus trop ce qui allait se passer. J’avoue qu’un instant, je me suis dit que c’est bien elle qui avait poussé le Thomas à la folie et mon cœur battait fort dans ma poitrine. En vieillissant, on croit être blindé côté cœur, mais ce n’est pas vrai, il suffit d’une allumette et l’incendie reprend.
    
    Dans le noir, j’ai entendu ses bruits de souris sur le parquet, des bruits de couette et soudain, son corps chaud contre le mien. Depuis que je vis seul, je dors nu. Je mettais un ...
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