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Deux femmes de lettres
Datte: 22/03/2025, Catégories: fh, ff, fbi, fplusag, extracon, médical, nympho, laid(e)s, hotel, voyage, amour, dispute, nonéro, poésie, portrait, historique, chronique, historiqu, Auteur: OlgaT, Source: Revebebe
... d’amour à sens unique. Elle aime les plaisirs de la chair, lui non. Leur liaison dura près de dix ans, alors que Chopin se montrait de plus en plus insupportable. Contrairement à la sensuelle George Sand, il était peu porté sur « la chose », comme elle l’écrivit à un ami, en 1847, une fois la rupture consommée : « Il y a sept ans que je vis avec lui comme une vierge. » Il mourra deux ans plus tard, elle lui survivra presque trente ans. Très engagée dans la Révolution de 1848, George Sand tenta d’oublier Chopin et multiplia les conquêtes amoureuses. Incontestablement, la romancière aimait le sexe et elle ne pouvait s’en passer. Une rencontre, en cette fin du mois de décembre 1849, à Nohant, bouleversa à nouveau sa vie. Son fils Maurice Sand lui présenta un ami, graveur et auteur dramatique, Alexandre Manceau (1817-1865). Tout les séparait, en particulier l’âge et le milieu social. Pourtant, pendant quinze ans, Alexandre fut à la fois son amant et son secrétaire. Mais Alexandre contracta la tuberculose et mourut en août 1865. George Sand, socialiste en 1848, rejoignit, en 1871 les écrivains qui condamnèrent la Commune de Paris. Elle se déclara choquée par les destructions, les incendies et les exécutions d’otages. Cette position resta incomprise : celle qui fut l’égérie du socialisme utopique devint alors la « Bonne Dame de Nohant ». Libre-penseuse, féministe avant l’heure et longtemps socialiste convaincue, George Sand (1804-1876) ne peut ni se résumer à ses ...
... amours tumultueuses ni être réduite à la « Bonne Dame de Nohant » Les attaques misogynes contre elle pendant sa vie furent virulentes, à l’image des frères Goncourt, qui la décrivaient comme « hermaphrodite ». George Sand ne fut pas la seule femme de son époque à s’habiller en homme, ce qui lui facilitait l’accès aux fosses de théâtre, aux bibliothèques restreintes, aux procès publics. Dans son autobiographie « Histoire de ma vie », George Sand justifia le choix de sa tenue par sa situation financière : son mari ayant dans un premier temps conservé le contrôle de sa fortune et de sa propriété de Nohant, elle jugea plus économique et plus pratique de s’habiller en homme. Elle n’en resta pas moins une femme séduisante, qui ne dissimulait pas sa féminité : la veste était cintrée, elle moulait son buste et ses hanches. Au regard de son époque, George Sand se singularisa par sa liberté de mœurs, le rejet du mariage, sa volonté farouche doublée d’une personnalité hors du commun. Elle fit scandale non seulement par sa conduite, mais aussi par ses écrits : ses trois premiers romans, « Indiana », « Valentine » et « l’abominable Lélia », comme le qualifia le critique Jules Janin (1804-1874) dans le Journal des Débats, sont trois brûlots contre le mariage, dans lequel le mari est trompé, l’amant apparaît comme un lâche et la femme se révolte contre les conventions sociales et le pouvoir masculin. Plaidoyers féministes avant l’heure, ses romans plaident en faveur des ouvriers et ...