1. Deux femmes de lettres


    Datte: 22/03/2025, Catégories: fh, ff, fbi, fplusag, extracon, médical, nympho, laid(e)s, hotel, voyage, amour, dispute, nonéro, poésie, portrait, historique, chronique, historiqu, Auteur: OlgaT, Source: Revebebe

    Résumé des épisodes précédents :
    
    Germaine de Staël (1766-1817) et George Sand (1804-1876) n’appartiennent pas à la même génération. Elles marquèrent pourtant autant l’une que l’autre le XIXe siècle de leur influence intellectuelle et politique, mais aussi choquèrent par la liberté de leurs mœurs. Ces deux intellectuelles furent l’antithèse du modèle patriarcal de la femme que Napoléon avait voulu graver dans le marbre du Code civil, privant les femmes de droits juridiques, faisant d’elles d’éternelles mineures soumises à l’autorité du père, puis du mari.
    
    Elles furent également, l’une et l’autre, célèbres par les grandes passions qu’elles suscitèrent et vécurent : Germaine, par sa liaison orageuse avec le grand penseur libéral Benjamin Constant, George Sand par ses amours mythiques avec Musset, Michel de Bourges et Chopin. Elles eurent enfin la réputation d’être bisexuelles, Germaine de Staël du fait de sa proximité avec la belle Juliette Récamier, George Sand avec la comédienne Marie Dorval.
    
    Germaine est la fille du célèbre Jacques Necker, riche banquier genevois et ministre de Louis XVI dont il fut le contrôleur général des finances à deux reprises.
    
    La jeunesse de la jeune fille se passe au milieu des gens de lettres, qui fréquentent assidûment le salon de sa mère. Les Necker sont protestants et ne veulent pas d’un gendre catholique pour leur fille unique, qui de son côté rejette de nombreux prétendants. Parmi eux, figuraient le comte suédois Axel de Fersen, ...
    ... amant présumé de la reine Marie-Antoinette, le duc Georges-Auguste de Mecklembourg (1748-1785), ou encore William Pitt (1759-1806), futur Premier Ministre britannique, farouche adversaire de la Révolution française puis de Napoléon.
    
    En 1786, Germaine finit par épouser le Baron Erik Magnus de Staël-Holstein (1749-1802), Ambassadeur de Suède en France de 1785 à 1793, poste qu’il occupera à nouveau en 1795-1796, puis de 1798 à 1799. Il s’agit évidemment d’un mariage arrangé, en aucun cas d’un mariage d’amour. Ce ne fut pas davantage un mariage heureux : le bonheur, Germaine tentera de le trouver ailleurs, sans d’ailleurs y parvenir réellement.
    
    Le couple aura cinq enfants, mais la paternité du Baron a été contestée pour au moins trois d’entre eux. Le père du troisième enfant, Louis-Auguste, né en 1790, ainsi que celui du quatrième, Mattias, né en 1792, serait le comte de Narbonne. Albertine, née en 1798, serait, quant à elle, la fille de Benjamin Constant. Napoléon, s’érigeant en défenseur de la morale, ne manquera jamais de stigmatiser « l’inconduite » de son opposante.
    
    Madame l’ambassadrice tint, comme le fit sa mère avant elle, un salon, où se bousculèrent des intellectuels et hommes politiques favorables aux idées nouvelles comme le Marquis de Lafayette, le Vicomte de Noailles (1756-1804), à l’origine de la « nuit du 4 août », le Marquis Stanislas de Clermont-Tonnerre, ou encore le philosophe et futur conventionnel Condorcet.
    
    Germaine ne fit pas que tenir salon. Elle ...
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