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Deux femmes de lettres
Datte: 22/03/2025, Catégories: fh, ff, fbi, fplusag, extracon, médical, nympho, laid(e)s, hotel, voyage, amour, dispute, nonéro, poésie, portrait, historique, chronique, historiqu, Auteur: OlgaT, Source: Revebebe
... collectionna aussi les amants. Louis Marie de Narbonne-Lara (1755-1813), qui fut brièvement ministre de la Guerre de Louis XVI, fut sa première grande passion et, probablement le père de deux de ses enfants. Pendant cette période, Germaine fut aussi « très proche » de Mathieu de Montmorency-Laval (1766-1826), Député à la Constituante, mais aussi du célèbre Talleyrand. Après la rupture avec Narbonne, elle se consola dans les bras du comte suédois Adolph Ribbing (1765-1843). En 1793, Germaine quitta la France pour l’Angleterre. Elle se réfugia ensuite en Suisse, où elle connut une idylle avec François de Pange (1764-1796), homme de lettres. Les sentiments de Germaine ne furent pas partagés. Ayant appris que sa cousine Anne-Louise de Domangeville avait échappé de peu à la guillotine et avait été libérée après la chute de Robespierre, Pange retourna en France et l’épousa. Revenue à son tour en France, redevenue « Madame l’ambassadrice », Germaine publia, ses « Réflexions sur le procès de la Reine », plaidoyer en faveur de Marie-Antoinette à l’adresse des autres femmes, où elle dénonça les misères de la condition féminine. Germaine, fascinée par le jeune général Bonaparte, s’imagina qu’elle puisse devenir son égérie, mais celui-ci répondit par une grande froideur à ses avances, alors qu’elle l’assaillait de questions : — Général, quelle est pour vous la première des femmes ? — Celle qui fait le plus d’enfants, Madame, lui aurait-il répondu. Ça ne pouvait se passer ...
... que mal entre Napoléon, foncièrement misogyne, et cette femme de tête, de cœur, d’esprit et de talent. Ce fut le début d’une longue inimitié. Napoléon Bonaparte détesta Germaine, qu’il jugeait laide, prétentieuse et qui, au surplus, osait lui donner des leçons ! Sous le consulat, Madame de Staël, à partir de son salon et de ses écrits, devint l’âme de l’opposition libérale au régime. C’est elle qui incita son amant Benjamin Constant, membre du Tribunat, à prononcer devant cette assemblée un discours où il dénonça la naissance d’une nouvelle tyrannie. Ses romans valurent à Germaine une grande célébrité, mais lui valent l’exil. La publication de « Delphine », en 1802, déplut vivement à Bonaparte. Ce roman dénonce ouvertement la régression à tous points de vue de la condition féminine, malgré la Révolution, les malheurs auxquels leur position dans la famille patriarcale condamne les femmes. Dès octobre 1803, il lui fut interdit d’approcher Paris à moins de quarante lieues. Elle se réfugia alors au château de Coppet, en Suisse, propriété de Necker. Elle y reçut de nombreuses visites et voyagea à travers l’Europe. De ces années datent son roman « Corinne » (1807) et surtout un essai, « De l’Allemagne », terminé en 1810 et qui fut saisi par ordre de l’Empereur. La colère de l’empereur était à son comble. Exilée, Germaine se rendit en Russie, en Suède et en Angleterre. Partout, elle poussa les souverains contre Napoléon. L’empereur aurait dit : « J’ai quatre ennemis, la ...