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H comme Hilda
Datte: 22/02/2025, Catégories: fh, nonéro, nostalgie, rencontre, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... n’est pas faux… non… Mais j’ai peut-être passé l’âge de mettre ce genre de robe. — Je pense sincèrement que vous seriez très bien dedans ! — Je pense sincèrement que vous vous rinceriez très bien l’œil ! — Oh, pas que moi… pas que moi… Souriante, Hilda prend son verre pour le porter à ses lèvres. Je reprends mon petit carnet. C’est alors qu’arrive une seconde idée, un peu plus folle, celle-là : — J’ai quelque chose à vous proposer, Hilda. — Oui… je vous écoute… dit-elle après avoir bu une gorgée. J’expose mon idée biscornue : — Si je vous fournis la petite robe rouge et blanche dont je viens de parler, est-ce que vous fournissez la chanteuse ? — Je… je ne comprends pas… — Vous m’indiquez votre taille, vos mensurations, je vous confectionne la robe, je vous trouve un podium, une scène, et vous poussez la chansonnette ! Hilda me regarde avec de grands yeux ronds : — Vous êtes vraiment incroyables, vous, les Français ! — Bretons, chère Madame ! Bretons ! On ne mélange pas les torchons avec les serviettes ! — Je sais, Breton de père en fils depuis des siècles et des siècles ! La consanguinité, vous connaissez, Lionel ? — D’autres vous parleront du grès qui compose majoritairement notre sous-sol et qui est assez radioactif… Elle me regarde d’un air faussement peiné : — Les deux en même temps, ça ne doit pas arranger les choses… — Alors, Hilda, chiche ? — Quoi, chiche ? Je reformule en abrégeant : — Je fournis la tenue, l’endroit, et vous, ...
... vous chantez. — Je ne vois pas comment vous arriveriez à fournir la tenue, je vous vois mal couturière. Quant à la scène, je serais curieuse de voir ça ! — Dans ce cas, que perdez-vous à parier ? Elle réfléchit quelques instants avant de répondre : — C’est vrai que vous n’avez pas dit combien de personnes il y aurait devant votre scène… — Trois cents ou quatre cents, ça vous va ? Elle me regarde d’un air très étonné : — Trois cents ou quatre cents personnes pour venir voir sur scène une obscure chanteuse allemande des années soixante-dix ? Il va falloir que vous les payiez ! — Ça, c’est mon problème, chère Hilda, c’est ma part du marché. La vôtre sera de revêtir cette robe et de chanter quelques chansons. Égayée, Hilda semble se prendre au jeu : — Ah oui ? Et combien de chansons ? — On va dire… De quoi tenir une demi-heure, ou plus… Pour commencer… — Comment ça ? Pour commencer !? — Comme je suppose que ce sera une réussite, on recommencera, non ? — Vous êtes très optimiste ! Je vous rappelle que je n’habite pas par ici. Il existe toujours une solution à tous les problèmes. Placidement, je réponds : — Je sais, mais n’ayez crainte, je vous trouverai sans problème de quoi vous loger. — Je parie que ce sera chez vous ! — Exact ! J’habite dans une grande ferme, j’ai largement de la place chez moi. J’ai plusieurs chambres, et même une maisonnette sur le côté. — Ah bon ? J’aurais cru que vous… Elle laisse sa phrase en suspens, rosissant un peu. ...