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La sculptrice aveugle - Les fins
Datte: 05/02/2025, Catégories: fh, amour, cérébral, amouroman, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... s’embraser germait tranquillement dans son corps. Tels des vases communicants, plus la statue refroidissait, plus l’ivresse s’intensifiait. Ses mains atteignaient à présent son intimité qu’elles caressaient avec enfièvrement. Soliflore soupirait quelques râles de plaisir sans pour autant se laisser aller à l’abandon total. Des images de corps emmêlés, où se confondait la blancheur de la peau au brun de la terre cuite, tourbillonnaient dans son imagination. Dans cette fantasmagorie, elle voyait, distinctement, deux hommes être à l’écoute de ses besoins, de ses désirs. L’un ne pouvait être que Romuald, un homme de chair et de sang, et l’autre ne pouvait être que son Phoenix, son golem ressuscité, son géant d’argile qui, telle la créature de Frankenstein, avait pris vie. Mais Romuald m’a laissée tomber. Avec cette pensée, son excitation retomba aussi vite qu’elle était venue. Elle réajusta sa chemise, alla à la recherche de sa culotte qui devait traîner dans un endroit improbable de l’atelier(elle l’avait jetée lors de leur ébat). De s’habiller était comme une porte qu’elle venait de fermer à sa frivolité. Elle venait de siffler la fin de la récréation, elle venait de tourner une page puis s’en revint à son travail. Elle sortit Phoenix de son four au prix d’efforts herculéens et étudia le résultat de son labeur. Il était en tout point parfait. Il était exactement tel qu’elle l’avait imaginé, tel qu’elle l’avait désiré. Elle lui parla, elle lui demanda : — Tu ne ...
... me quitteras pas, toi ? Promets-le-moi ! Son don de prescience, ce don fabuleux qui anticipait les questions et les réponses, lui donnait à cet instant, ce dont elle avait besoin d’entendre : une promesse de ne plus être abandonnée. Puisque le monde réel ne pouvait répondre à ce besoin, elle le trouverait dans sa création. Elle l’embrassa. D’abord timidement, juste un effleurement. Les sens surdéveloppés lui jouèrent des tours, elle ne ressentit absolument pas le goût de la terre, mais bien au contraire elle imagina un souffle chaud, un souffle offert, un baiser rendu. Elle le toucha comme un être de chair et de sang et imagina sous la pression de ses doigts sa statue prendre vie. Elle lui parla de nouveau et elle l’entendit lui répondre. Il la regarda et elle vit. Troisième fin : Romualdœuvre Romuald avait la main posée sur la clinche lorsqu’il entendit la supplication de Soliflore. Supplication était le mot juste. Il entendit une détresse dans la voix de cette femme forte. Son cœur battait à tout rompre, ainsi, il était important aux yeux de la sculptrice aveugle. Il fit demi-tour, alla à la rencontre de ses bras. Ils s’étreignirent de longues minutes et quelques larmes s’échappèrent. Romuald était ému comme jamais il ne l’avait été, il oscillait entre larmes de joie et rires impétueux, il se sentait si bien dans les bras de sa dulcinée. Il n’existait aucune autre place au monde qui valait autant la peine de vivre. D’en arriver à cette extrémité, ...