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En revenant de Bidarray…
Datte: 16/01/2025, Catégories: nostalgie, Auteur: Iovan, Source: Revebebe
... le panier, Thomas me désigne un endroit un peu plus haut… encore ! Le panier est rempli, je retire mon blouson et, nous en servant comme d’une poche, le remplissons en quelques minutes… C’est qu’il y en a encore… ça n’est pas terminé… nous en rions ! Nous décidons de laisser les champignons sur place et revenir les chercher tout à l’heure. Au bout d’un moment, nous arrêtons la cueillette… cela suffit ! Il faut, là aussi, savoir être raisonnable… Le plaisir des yeux est satisfait, chacun a de quoi se régaler, faire des conserves, de quoi offrir aux voisins… Thomas téléphonera à son bon copain Batitta de la ferme voisine dont les enfants vendent souvent leur récolte au bord de la route, histoire d’améliorer un ordinaire pas toujours facile à assurer. Au moins, que cette manne leur profite… Nous revenons avant la nuit avec une grande corbeille à herbe en bois de châtaigner et emportons notre butin, le portant tous les deux, avec des rires de brigands… je reviens le lendemain afin d’emporter ceux que nous avons dû laisser sur place. Et puis, ce sont ces virées à Xumux, venta perdue dans la montagne, à cinquante mètres de la frontière française… suffisamment en Espagne, toutefois, pour que le litre de Ricard n’y coûte que cinq francs. Nous montons avec son vieil Unimog repeint en bleu ciel, jusqu’au pont d’enfer sur le Baztan et après c’est la balade par les sentiers de montagne, pour rejoindre l’ancienne maison, tenue par une vieille dame qui y vit, loin de tout, ...
... avec sa fille et son frère. La plupart du temps nous y « prenons le souper » selon l’expression chère à Thomas, menu simple et rustique mais comme c’est agréable, au calme de la grande maison, alors que le soir descend de plaisanter et blaguer de tout et de rien… ! Le repas est souvent bien arrosé, et se termine sur quantité de petits verres de Patxaran*, péché mignon de mon vieux copain, et à la nuit tombée après avoir réglé et salué la maisonnée de l ’« Adio ! » de circonstance, nous repartons par les petits chemins, les sacs bien chargés, et nous aussi, contrebandiers d’occasion que nous sommes. Nous ne sommes pas moskora*, mais… il n’en faut pas plus pour réveiller le côté sauvage de mon vieux copain et comme j’adore déconner, moi aussi, nous nous complétons parfaitement pour commettre quelques conneries sur le chemin du retour, dont une manque, un soir, de vraiment très mal tourner, mais… bon ! Ce sont péchés de jeunesse… et puis, il y a prescription. C’est lui qui m’apprendra à pêcher les truites à la main… À la main ! La première fois qu’il m’en parle, je lui demande, s’il n’est pas en train de se foutre de moi. — Que non ! Je vous garrrantis ! –J’ai mis trois « r » mais je crois bien qu’il y en avait quatre. – Sur quoi j’ajoute que comme son saint patron, je ne crois que ce que je vois ! — Demain, on va ! Le lendemain soir, dans le petit bois de chênes, près de la « source des pottoks », à cinq cents mètres du « quartier », dans un petit rigaillou ...