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En revenant de Bidarray…
Datte: 16/01/2025, Catégories: nostalgie, Auteur: Iovan, Source: Revebebe
... joujou ensemble, aujourd’hui… –Tiens ! Tu es là, toi… ? Viens, allez ! On danse ? C’est la fête à Neu-neu ! – Tant qu’à danser, on peut aussi chanter : « Nous n’irons plus au bois… » Nous n’irons plus au bois cueillir ensemble les champignons comme nous l’avons si souvent fait… Ces cueillettes ! Vous souvenez-vous, ami… ? Oui, « Vous ». Malgré plus de quarante années d’amitié et de connivence, nous ne nous sommes jamais tutoyés… C’est comme ça : au beau pays on voussoie qui l’on respecte. Les époux utilisent le « Vous » pour s’adresser l’un à l’autre, toute leur vie, même quand ils s’engueulent… C’est pas beau, ça ? Nous y sommes souvent allés « aux champignons » mais il me revient particulièrement cette soirée où après trois jours de fortes pluies, le soleil ayant recommencé à briller et à bien chauffer les sous-bois, en rentrant du boulot, Thomas me proposa d’aller faire un tour « au ravin, sous Erreitto », un endroit pas facile d’accès, mais d’une beauté sublime où coule un torrent au milieu d’un chaos de rochers moussus et de chênes ancestraux, qu’il m’avait fait connaître quelques années plus tôt… Lui connaissait ce coin depuis son enfance, étant né dans la maison qui se trouvait à une demi-heure de marche en contrebas… il connaissait la montagne mieux que personne. Nous passons par le haut, car il y pousse des chênes au milieu des fougères, et ça, ce sont des coins qu’il faut absolument visiter… Mais rien ! Pas la queue d’un seul ! — Ah ! Sé ...
... Borrrdel… c’est igne-croyable… ! À grands pas d’échassier, il parcourt la montée, chaussé de ses espadrilles… toujours, quand il n’est pas au travail, mains dans le dos… aisance ! Né sur la pente. Nous longeons le ravin sur presque toute sa longueur, ne laissant la source qu’à quelques centaines de mètres en amont, toujours rien… puis commençons à redescendre les pierriers abrupts dans la forêt de chênes, et là, dans les affleurements de cette terre rouge qui caractérise la vallée, Thomas me désigne la forme parfaite d’un cèpe tout frais sorti… Une merveille comme la nature sait en offrir. C’est l’époque où mon appareil photo ne me quitte jamais, j’en prends plusieurs clichés, il est parfait, le pied renflé à la base, sur lequel court le réseau d’un réticule finement dessiné, le chapeau ferme à la couleur bronzée et pruineuse, le léger renflement des pores que l’on devine par en dessous. Il est magnifique… je mitraille. — Gardez-en aussi pour ceux-là… ! À quelques mètres en contrebas, une dizaine d’autres, tout aussi beaux ! Les couteaux sortent, et religieusement, nous commençons à cueillir les beaux carpophores, les nettoyant soigneusement un par un avant de les déposer avec des précautions de joaillier au fond du panier qui a été tapissé de feuilles de fougère. Nous n’avons descendu qu’une centaine de mètres du ravin… en dix minutes, le panier est plein… il y en a à foison, et nous ne choisissons que les plus beaux… Alors que je pose le dernier ramassé dans ...