1. En revenant de Bidarray…


    Datte: 16/01/2025, Catégories: nostalgie, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    Tu la connais, celle-là… ? Ça se chante sur l’air des lampions…
    
    Ils étaient bien tristes les lampions, alors que j’en revenais, ce soir-là, de Bidarray…
    
    Bidarray…
    
    Ce nom qui sonne, comme une cloche tinte au matin, sonnera, demain, le glas.
    
    Il avait sonné pour Toi, ma belle chérie… Je l’appris des mois trop tard ! J’ai, depuis, refait mille fois le chemin de dernière révérence, mon amour, avec ce goût des choses mal faites. Ça aussi… qui me le pardonnera ?
    
    Pour lui, je l’ai su… Alors je serai là.
    
    Tout le beau village enterrera, demain, mon vieux copain Thomas…
    
    Vieux… Il aurait eu ce « sept sectembre », quatre-vingts ans. Oui… à cet âge-là, les gens disent de vous que vous êtes vieux !
    
    Ce que je garde de lui, à part quelques merdes que la vie, cette pute que j’aime à la folie, vous balance forcément sur les chaussures, un jour, quelque part, c’est notre presque jeunesse.
    
    Je l’ai connu, j’avais vingt ans, lui vingt-huit, le même âge que la « folle coche », que j’avais eu l’intelligence d’épouser… Elle s’était débrouillée pour m’embrouiller dans son « théâtre d’ombres » où elle rejouait la comédie sordide de son enfance, ressassant jusqu’à l’écœurement le folklore absurde et nocif qui avait présidé à la construction de l’orange mécanique qu’elle était, et partant, à l’élaboration de ce qui allait être notre enfer, à mes enfants et à moi. – Mais, on ne parle pas de ces choses-là, Monsieur… on ne parle pas… ! – (N’est-ce pas, Jean-Marc ?)
    
    La vie, ...
    ... drame-farce, comédie ballet, mystère sur le parvis et dans tant d’autres endroits, tendre vacharde, dans laquelle je n’ai pas toujours su tenir les rôles qu’il faut sans cesse s’inventer et à laquelle je n’ai toujours pas tout compris… La vie lui a été ôtée.
    
    Avec le pathos que mettent les bas de plafond (Eh, oui, la même !) quand ils sont confrontés à ce genre d’événement, j’ai su que depuis deux ans que je ne l’avais pas revu, il traînait une saloperie, « d’abord au cœur… mais, alors, après ça avait gagné… et alors, là, le pauvre ! Oh là là ! Il était pas bien ! … Surtout dans les derniers temps… Oh là là… ! »
    
    Je n’ai rien su de ses véritables souffrances. De la part de ses proches, il ne fallait pas m’attendre à quelques confidences. J’aurais voulu savoir, c’était mon copain. Mais j’étais bien certain qu’aussi bien Franxua, Kattin ou Manex, aucun n’en parlerait… Il ne s’agissait pas, là, d’omerta hypocrite, non… mais de pudeur et de respect. Aussi, je ne les questionnai pas.
    
    Quelques années auparavant, j’avais appris, consterné, la maladie de Cassilda, sa femme, je les avais revus tous les deux au cours d’une de mes pérégrinations vagabondes dans le beau pays, ayant demandé l’autorisation d’occuper leur borde dans la montagne pour quelques jours à mes amis les Martea, je m’étais isolé dans le vert et le bleu, me retrempant avec délices dans un bain de jouvence.
    
    Cilou m’avait prévenu… je montai à Mendi Xola – le basque porte le nom de sa maison plutôt que son ...
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