1. En revenant de Bidarray…


    Datte: 16/01/2025, Catégories: nostalgie, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... patronyme – et y trouvai Cassilda, Thomas n’était pas encore rentré.
    
    Je ne l’avais pas revue depuis quelques années, dommages collatéraux d’un divorce catastrophique mais inévitable, et ce que je craignais malheureusement s’avérait : de la femme bien plantée, dynamique et aux formes généreuses ne restait qu’une pâle silhouette diaphane et amaigrie, et même si le ton restait ferme, il n’y avait plus cette impatience frémissante qui caractérisait sa manière de prendre les choses à bras le corps, batailleuse née. Batailleuse, elle le restait, pas une seule fois je n’entendis une plainte, elle trouva même le courage de plaisanter.
    
    Thomas arriva peu de temps après.
    
    — Ricara bat (Un Ricard) ?
    
    Je n’ai pas d’action dans cette boîte, mais depuis des temps immémoriaux, ou presque, c’était notre apéritif de l’été, un quasi rituel… il est vrai qu’au prix où il était, en passant par les petits sentiers de montagne, contrebandiers d’occasion, ç’aurait été une quasi-aberration de ne pas en profiter. Son odeur a le don de me ramener aux années d’avant… les années d’insouciance. Je ne le bois que quand je suis là-bas.
    
    Cassilda nous laissa « entre hommes » et partit vaquer à ses occupations, outre le fait qu’elle n’avait jamais su rester inactive, elle était dans la stricte observance de ce qu’elle avait appris depuis sa venue au beau Pays : l’etcheko anderre* ne s’intéresse pas aux histoires des hommes. Ne croyez pas qu’elle en soit exclue, elle ne veut, simplement, pas en ...
    ... entendre parler. Et si vous pensez qu’elle puisse être d’un rang inférieur, détrompez-vous : le chef de la maison, c’est elle.
    
    L’attitude de Thomas ne se trouvait pas changée malgré le chagrin terrible que lui causait la maladie de son épouse, nous conversions presque comme nous le faisions avant.
    
    Cela faisait pourtant trop longtemps que nous ne nous étions revus et tant de choses nous changeaient… Nous étions dans l’effort de nous retrouver… Adieu l’aisance et la facilité des choses évidentes et immédiates !
    
    Le temps, denrée de luxe, nous avait fait défaut, nos choix nous avaient amenés sur d’autres priorités, on coupe, on élague, on jette… pour s’apercevoir qu’il ne fallait pas ! Que… non… ! C’est une erreur.
    
    Erase and rewind* – Mon cul, oui ! Le mal que tu fais un jour est bel et bien fait… pour ta gueule ! Pour des années, peut-être pour toujours…
    
    Toujours… ça me fait rigoler ! Ce mot si souvent employé, alors qu’il n’a aucun sens… « Toujours », « jamais » ne resteront toujours, ou jamais, qu’une vue de l’esprit !
    
    Alors, une fois que le mal est fait… Il ne te reste qu’une chose à faire : tu assumes.
    
    L’amitié, si elle n’est pas cultivée, si on ne développe pas l’effort, le soin, celui du jardinier, au quotidien, pour l’entretenir, si l’on oublie de s’en occuper, fait comme la rose : elle fane et meurt…
    
    C’est à la rose de Saint-Ex que je pense, évidemment… Ce qu’écrit le vieux sage catho… C’est pas faux (pas vrai Karadoc ?). Connerie et profondeur font ...
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