1. Lettre ouverte à un évaluateur féroce


    Datte: 19/12/2024, Catégories: méthode, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe

    ... faire preuve à leur égard d’un soupçon de malice, et leur fureur redouble. À ce stade, je vous avoue être tout à fait incapable de décider si votre verve, assez savoureuse quand elle vise autrui, est aussi capable de l’autodérision dont il convient de se munir quand on écrit ou évalue chez les François Pignon que nous sommes. Soyez donc impitoyable si vous y tenez, cher évaluateur, et je m’amuserai ou m’instruirai volontiers de tous les indices de médiocrité recueillis lors de vos « descentes de police » en nos rangs, chaque fois qu’elles s’appliqueront elles-mêmes la discipline de ne pas cibler de façon exclusive celui qui semble pour l’instant former pour vous l’éternel suspect ou l’ennemi public N° 1.
    
    Et croyez bien que je ne vous invite surtout pas pour autant à être « objectif » : soyez férocement subjectif, mais alors partout et pour tout le monde, et votre jeu de massacre en deviendra presque joyeux. C’est plutôt amusant, un peu de polémique ou de castagne dans les commentaires, et si je ne dispose d’aucune autorité pour l’approuver, ça ne me déplairait pas qu’on se foute gentiment sur la tronche dans le village gaulois, à coups de « Comment ça, il est pas frais mon pornax ? » Voilà de quoi amener un peu de la vie qui manque tant au forum, à Petibonum, Babaorum, Aquarium et Laudanum.
    
    Si je puis me permettre, vos griefs si détaillés (un peu trop) et parfois justifiés seront d’autant mieux présentés qu’ils éviteront les arguments d’autorité, les crayons rouges, ...
    ... les sentencieux doigts levés. La critique peut être rude, mais elle gagne toujours à se faire un tout petit peu humble, ou au moins à introduire dans sa formulation, à défaut de cette bienveillance dont je peux comprendre qu’elle vous écœure, un peu d’humour, quelques traces de ce réjouissant mauvais goût potache qu’il vous arrive d’oser avec un jeu de mots foireux. L’ironie est plus éloquente que l’emportement. Faute de ce soupçon de distance qui désamorce les bombes, il devient alors tout à fait possible de blesser gratuitement, d’avoir un peu raison tout en ayant franchement tort.
    
    Je ne vous reproche pas de détester la prose d’un contributeur, je regrette davantage que vos griefs à son égard se superposent en couches successives, en mode Gillette. La première lame tranche le poil d’un coup sec, la deuxième redouble l’argument en commentaire afin que l’épilation soit totale et définitive. L’ai-je bien achevé ? L’inventaire est si complet qu’il en devient envahissant, boursouflé, joyeux comme un bulletin scolaire, en dépit de votre talent d’observation et d’expression. On ne pourra pas vous reprocher de manquer d’arguments : les vôtres sont articulés, classés, appuyés de longues citations. Vous n’accordez aucune grâce, multipliez les coups sur ce garçon comme le Bourreau de Béthune les distribuait sur le ring, et gare à l’arbitre qui tenterait de faire tinter la cloche. Et peut-être le faites-vous par amour sincère de la langue française, ce qui vous honore, mais tout cet ...
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