1. Le premier mai, je fais ce qu'il me plaît.


    Datte: 15/12/2024, Catégories: fh, frousses, fête, portrait, Auteur: Jimmychou, Source: Revebebe

    ... turlutte finale, car nous voilà repartis pour une heure d’exercice horizontal, alternant les séquences lentes et les chevauchées rapides, comme des adeptes confirmés de ces disciplines mixtes que les salles de sport ne cessent de décliner à destination de leurs abonnés.
    
    C’est Nadia qui nous rappelle à l’ordre vers onze heures quinze, alors que son mari rentre du parc où il a conduit les enfants dès que les gémissements de Marianne ont commencé à résonner dans l’appartement.
    
    Étendu sur le matelas, les bras en croix, je récupère de notre séance épuisante.
    
    — Alors patron, on rend les armes ? lâche Marianne hilare.
    — En effet, je ne peux que m’incliner face à la résolution des travailleurs.
    — Pas si vite, camarade. Nous n’avons pas fini d’exposer nos revendications. Il va falloir reprendre des forces, car cette après-midi, une nouvelle session de négociations va débuter.
    
    En voyant mon air éberlué, Marianne éclate de rire.
    
    — Une douche nous fera le plus grand bien. Ensuite, on s’habille, on mange un morceau et on repart pour une destination inconnue.
    — Que veux-tu dire ?
    — Je t’expliquerai.
    
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    Après une autre collation, nous avons quitté la famille accueillante du frère de Marianne et nous roulons désormais vers le sud, direction le Morvan. Ma déléguée du personnel préférée a prévu une visite à son oncle, paternel cette fois-ci, éleveur de brebis et producteur de fromage dans cette belle région.
    
    L’endroit est en effet bien paumé, à distance ...
    ... respectable de l’autoroute, et la petite ferme du maître des lieux tout à fait charmante. Le soleil déclinant illumine délicatement le décor champêtre et la bergerie est suffisamment éloignée pour que les effluves des occupants ne viennent pas chatouiller nos narines.
    
    Le gaillard qui nous accueille avec un franc sourire respire le bon vivant par tous les pores de son teint rougeaud tanné par le soleil. Il s’adresse à moi avec une voix enjouée teintée d’un accent rocailleux.
    
    — Dis donc, gamin, ça fait un siècle que la Marianne n’est pas venue me voir en galante compagnie. J’espère qu’elle s’est pas trompée de bonhomme en te ramenant chez moi, parce que sinon tu peux numéroter tes abattis.
    
    Je m’abstiens d’expliquer à l’oncle André que notre histoire amoureuse a moins de quarante-huit heures et que l’annonce des fiançailles n’est pas encore dans la road map. Je me contente de lui serrer la main en prenant garde à ce qu’il me laisse l’usage de mes phalanges.
    
    Le temps de déposer nos bagages dans une chambre au décor simple, mais accueillant, puis de nous désaltérer rapidement, et nous laissons tonton vaquer à ses tâches pour aller explorer le royaume de Marianne.
    
    — Vois-tu, me dit-elle, mon oncle va bientôt prendre une retraite méritée pour aller s’installer au bord de la mer.
    — Ah bon ? demandé-je, il possède une résidence secondaire ?
    
    Ma question déclenche un grand éclat de rire chez ma compagne.
    
    — On peut dire ça. En fait, il s’agit d’une petite cabane en bois, ...