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Le premier mai, je fais ce qu'il me plaît.
Datte: 15/12/2024, Catégories: fh, frousses, fête, portrait, Auteur: Jimmychou, Source: Revebebe
« Papa, je quitte la maison et je pars vivre aux Antilles avec Audrey ». Je ne vais pas prétendre que la révélation que me fit Charles, il y a dix jours, constituât une réelle surprise pour moi, mais je pressentis néanmoins que j’allais avoir quelque mal à l’encaisser. Il est vrai que ce n’est pas la seule contrariété à laquelle je suis actuellement confronté. Ma situation financière est particulièrement inconfortable et mes affaires bien mal engagées. Je crains d’ailleurs d’être l’ultime représentant d’une dynastie née avec la révolution industrielle, et de m’inscrire dans l’histoire familiale comme celui qui aura contribué à la fin d’une épopée dont la réussite semblait jusqu’à peu indéfectible. La famille Dubout-Courtepine est associée à l’industrie de cette vallée depuis si longtemps que la disparition de l’entreprise éponyme provoquerait inévitablement un traumatisme dans le Landerneau local. L’origine de cette épopée industrielle remonte à l’époque à laquelle Henri Dubout, alors fraîchement marié à Hortense née Courtepine, créa son premier atelier de verrerie, sur le site même où je me bats aujourd’hui afin de faire survivre mon usine de boules à neige. Jusqu’à la fin du dernier millénaire, les héritiers successifs d’Henri avaient réussi, malgré les aléas de l’histoire, à développer l’entreprise familiale et lorsque mon père en prit les rênes, elle était toujours rentable, sinon prospère. Mais confronté à la volonté plus ou moins déclarée des ...
... gouvernements post Trente Glorieuses d’abandonner l’industrie désormais obscène au profit d’une société de services et de loisirs idéale, Jacques-Henri Dubout-Courtepine, mon père, décida, à l’aube de la soixantaine, de solder l’essentiel de son patrimoine professionnel et de donner la plus grande partie du fruit de la vente à ses enfants, avant d’aller vivre à l’année avec son épouse dans la maison familiale située sur la côte basque. De par ma formation et mon appétence pour les machines-outils plus ou moins sophistiquées, je fus naturellement celui à qui mon géniteur transmit la dernière usine qu’il n’avait pas souhaité céder à un repreneur qui, une fois les subventions encaissées, n’aurait eu de cesse de la liquider. J’y avais effectué toute ma carrière professionnelle après l’obtention de mon diplôme de l’école centrale et j’en étais naturellement devenu le directeur dans ma trente-troisième année. Lors de cette donation plus que conséquente, mon frère aîné, chirurgien réputé installé à Neuilly sur Seine, s’était contenté de récupérer son lot de millions pour financer l’extension de sa clinique privée alors que ma sœur avait profité de l’aubaine pour racheter les parts de ses associés dans une des études notariales les plus prospères de la capitale. ##### Immanquablement, la phrase prononcée par mon fils me plongea dans un abîme de réflexion et j’ai aussitôt repensé au discours que me tint mon frère Thibault, lorsque je fis part à la famille de mon souhait d’épouser ...