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Playlist
Datte: 12/11/2024, Catégories: fh, danser, fête, anniversai, amour, caresses, nopéné, mélo, portrait, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe
... autres. Ils auraient pu détourner le regard par pudeur ou par gêne, pousser la porte en me lançant d’ironiques « merci pour tout, t’as fait de ton mieux, mon pote, mais là on va vraiment aller manger un truc comestible » ou de simples et joyeux « salut, à la prochaine ! », mais ils refusèrent de déserter en me voyant soudain si ému au moment du couplet final. Soulagé, j’ai poussé sur le bouton stop, Spotify a enfin fermé docilement sa clape, et mes potes se sont tus, eux aussi, comme ils avaient tu l’ombre de l’absent, comme ils avaient respectueusement ou lâchement fui l’énigme du retour de mon absente. Fiona m’a jeté un regard, je l’ai soutenu, accepté non pas comme un défi, mais comme un appui, une force. Elle a esquissé un sourire. C’était tendre, chaud et robuste comme l’amitié, mélancolique comme la tendresse, frissonnant comme la beauté suprême. Plus fort que les mots, plus fort que la mort, presque aussi fort que le sexe, aussi inconditionnel et indulgent, en tout cas. Comme une main qui prend la vôtre. Comme un retour à la maison. Et c’est là que j’ai compris, à l’intensité de leurs regards, qu’aucun de nos amis n’était là par hasard. Ils n’étaient pas venus pour les poivrons farcis, ni pour se charrier à table, ni même pour danser comme des sauvages, tout ça n’était qu’un prétexte ou un bonus. Ils étaient venus en renfort, au secours de nos détresses, au secours de leurs propres angoisses. « Si vous vous perdez, les enfants, j’en serai inconsolable, » ...
... avait dit Ben. Et je crois bien qu’ils en étaient déchirés eux-mêmes. Si la vie parvenait à nous séparer, Fiona et moi, il ne faudrait pas espérer qu’elle fût pour eux plus clémente. Alors il était bien trop tôt pour me consoler, parce qu’ils n’étaient pas résignés. Ils voulaient montrer combien ils m’aimaient moi, combien ils l’aimaient, elle, combien nous restions pour eux les inséparables princes héritiers dela Belle École. Dans leurs regards posés sur moi j’ai vu le reflet de nos heures douces àla Belle École, j’ai vu les yeux de Fiona se lever sur moi au café, son sourire illuminer soudain sa moue un peu boudeuse, j’ai même vu les endroits sauvages où je l’emmènerais puisqu’elle m’en donnait la chance, loin du XXe arrondissement, mais au plus près de nous, partout où elle n’aurait jamais peur, j’abandonnerais tout moi aussi pour la suivre dans ses audaces et la précéder dans mes envies, je prendrais sa main comme elle prit la mienne, et nous peindrions nos vies de mélanges rares, de tendresse et de désir, de couleurs inconnues que le temps ne pourrait jamais flétrir. On se ferait toujours une place au fond de nos bulles, ici, maintenant, «car le temps passe à pas de géant. » Et à ce moment-là, parce que c’était là, parce que c’était eux, parce que c’était moi, parce que c’était Ben, parce que c’était Fiona, parce que c’était cette chanson précise, je crois bien que j’en aurais chialé comme une madeleine, s’il n’y avait pas eu le regard de Fiona pour me répéter : « Tout ...